Syrie : des experts de l'ONU dénoncent l'impunité généralisée dans le pays

20 février 2015

Alors que des crimes innommables sont commis en toute impunité chaque jour en Syrie, peu de progrès ont été accomplis en vue de garantir la paix et la justice pour les Syriens, indique un nouveau rapport de la Commission d'enquête internationale indépendante des Nations Unies sur la République arabe syrienne, rendu public vendredi.

Destiné au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, ce rapport, dont il s'agit de la neuvième édition, appelle la communauté internationale à se mobiliser d'urgence en réaction aux « crimes choquants » qui continuent d'être perpétrés contre le peuple syrien et recense les violations des droit de l'homme et du droit international humanitaire commises en Syrie entre mars 2011 et janvier 2015. Il se fonde sur plus de 3.550 entretiens avec des victimes et des témoins à l'intérieur et l'extérieur du pays, réalisés par la Commission d'enquête sur la Syrie depuis septembre 2011.

« Il est inadmissible que les Syriens doivent continuer à souffrir comme ils l'ont fait durant les quatre dernières années et vivre dans un monde où seules des initiatives limitées ont été entreprises pour restaurer la paix en Syrie et rendre justice aux victimes », a déclaré le Président de la Commission, Paulo Sérgio Pinheiro, dans un communiqué de presse annonçant la publication du rapport.

Le rapport de la Commission indique en effet que depuis 2012, le conflit armé en Syrie est marqué par la prolifération des parties prenantes, faisant preuve « d'un mépris total de leurs obligations en vertu du droit international ».

Selon l'étude, les autorités gouvernementales ont répondu aux troubles civils par une « augmentation des arrestations arbitraires, des disparitions et de la torture, et ont mené des attaques de plus en plus aveugles et meurtrières dans les zones peuplées de civils perçus comme étant affiliés à l'opposition ».

De nombreux groupes armés sont apparus suite aux affrontements de juin 2011, ajoute le rapport, précisant que deux groupes terroristes en particulier, Jabhat al-Nusra et l'État islamique d'Iraq et du Levant (EIIL), se caractérisent par leur brutalité envers les civils et leurs attaques à l'encontre des minorités du pays.

Ces groupes prospèrent à mesure que le conflit s'enracine, déplore le rapport, soulignant qu'en 2014, l'EIIL a pris le contrôle de ressources économiques importantes et a élargi la zone sous son contrôle, au moyen notamment de tactiques visant à semer la terreur parmi la population civile, dont le recours à des exécutions publiques et des mutilations.

Pour mettre un terme aux souffrances inadmissibles de la population civile, la Commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie a affirmé que la responsabilité revenait aux États, en particulier ceux bénéficiant d'une influence sur les parties, de trouver une solution efficace et politique au conflit.

« Les victimes méritent bien plus que notre compassion. Nous ne pouvons pas continuer à exhorter à mettre un terme au conflit, et aux nombreux crimes qui en découlent, sans fournir une perspective et des moyens pour y parvenir », a dit en conclusion le Président de la Commission.

 

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