Libye : l'ONU exhorte les parties à trouver un accord pour lutter contre les groupes terroristes

18 février 2015

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Libye, Bernardino Leon, a appelé mercredi l'ensemble des parties à intensifier leurs efforts en vue de former un gouvernement d'unité nationale, seule alternative pour lutter efficacement contre la montée des groupes terroristes dans le pays.

« Je condamne dans les termes les plus vifs les actes horribles et brutaux dont nous avons été témoins en Libye au cours des derniers jours et des dernières semaines », a déclaré le chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL), à l'occasion d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur la situation dans le pays. « Il n'existe pas de mot assez fort pour exprimer mon indignation et mon dégoût face à la décapitation de 21 hommes, dont 20 ressortissants égyptiens qui ont été pris pour cible en raison de leur croyance religieuse et de leur nationalité », a-t-il ajouté.

Dimanche 15 février, le Conseil de sécurité et le Secrétaire général de l'Organisation, Ban Ki-moon, avaient également condamné fermement l'assassinat en Libye de Coptes chrétiens d'Egypte par un groupe affilié à l'Etat islamique d'Iraq et du Levant (EIIL / Daech).

« L'ampleur de cette atrocité ne doit cependant pas éclipser la barbarie d'autres actes commis par des groupes extrémistes », a poursuivi M. Leon, ajoutant que des incidents récents, y compris des attaques contre des champs pétrolifères à Mabruk et au sud de Sidra, démontrent clairement la capacité croissante des groupes terroristes à opérer dans différentes parties du pays, que ce soit à Derna, Benghazi, Syrte ou Sabratha.

Le Représentant spécial s'est particulièrement inquiété du succès croissant de groupes associés à Al-Qaïda depuis la fin du conflit armé en 2011, notamment des bastions constitués à Benghazi et à Derna par Ansar al-Sharia, ainsi que de la montée en puissance de l'EIIL, qui trouve dans l'instabilité politique croissante et la faiblesse des institutions étatiques actuelles un terreau fertile.

« Les actes terroristes sauvages soulignent une fois de plus le danger imminent auquel fait face la Libye, ses habitants et la région dans son ensemble, à moins qu'un accord ne soit rapidement trouvé entre les principales parties sur la façon de résoudre la crise et mettre un terme au conflit politique et militaire », a déclaré M. Leon.

Sur ce point, le Représentant spécial s'est félicité des « progrès considérables » réalisés pour convaincre les principales parties de s'assoir à la table des négociations, couronnés par les deux cycles de pourparlers inter-libyens qui se sont tenus à Genève en janvier et par un troisième cycle de dialogue politique entamé le 11 février dans la ville libyenne de Ghadamès, sous l'égide de la MANUL.

« A ce sujet, je suis heureux de rapporter qu'il y a une semaine, j'étais à Ghadamès où, pour la première fois, toutes les parties se sont jointes au dialogue politique à l'initiative de l'ONU », a salué le chef de la MANUL, ajoutant que cette avancée marquait un pas décisif vers la conclusion d'un accord politique.

« Etant donné l'urgence de la situation, j'ai demandé à ce que le prochain cycle de dialogue politique permette de finaliser les discussions entamées à Genève sur la formation d'un gouvernement d'unité nationale et la prise de dispositions sécuritaires pour ouvrir la voie à une cessation formelle et complète des hostilités », a-t-il ajouté.

« C'est seulement via la formation d'un gouvernement d'unité nationale fort, fondé sur un consensus solide, que les Libyens, avec le soutien de la communauté internationale, pourront espérer mettre en place une stratégie efficace de lutte contre la menace croissante posée par les groupes terroristes comme Etat islamique », a déclaré en conclusion M. Leon.

 

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