Niger : les réfugiés fuyant le nord du Nigéria aggravent l'insécurité alimentaire du pays, selon l'ONU

11 février 2015

La propagation des attaques violentes à travers la frontière entre le nord du Nigéria et le Niger est à l'origine de déplacements massifs de populations et entrave les efforts pour fournir une assistance humanitaire dans la région, a déclaré le Programme alimentaire mondial (PAM).

La seconde moitié de l'année 2014 a été le cadre d'une augmentation importante du nombre de nouveaux arrivants en provenance du Nigéria dans la région de Diffa, au sud-est du Niger, a mis en garde cette semaine une porte-parole du PAM, Elisabeth Byrs. Alors que l'agence de l'ONU dénombrait seulement 15.000 personnes ayant franchi la frontière en octobre, ce nombre s'élève désormais à 125.000 personnes, réparties sur plus de 140 sites et villages, a-t-elle précisé.

Suite à l'arrivée massive de personnes déplacées, la population de Diffa a presque doublé sur la période, menaçant les moyens de subsistance des habitants et le niveau des stocks de nourriture dans une région aux prises avec la sécheresse depuis plusieurs années consécutives.

Mme Byrs a déclaré que le PAM avait commencé à distribuer des vivres dans l'un des camps de réfugiés que le gouvernement du Niger a accepté d'ouvrir pour accueillir les Nigérians, fournissant notamment une alimentation complémentaire à tous les enfants de moins de cinq ans.

C'est d'autant plus important, a-t-elle ajouté, qu'un enfant sur trois déplacés souffre de malnutrition aiguë globale, comparé à un sur cinq dans la population d'accueil, soit dans les deux cas bien au-dessus du seuil d'urgence de 15%.

Selon une évaluation effectuée par le PAM et ses partenaires au Niger en novembre 2014, 52,7% des ménages déplacés et leurs familles d'accueil souffrent gravement ou modérément d'insécurité alimentaire et ont besoin d'une assistance d'urgence.

Mme Byrs a déclaré que le PAM prévoyait de distribuer de la nourriture pour tout le monde dans les camps et de porter assistance à 238.000 personnes au Cameroun, au Tchad et au Niger en 2015. A cette fin, l'agence de l'ONU a précisé qu'elle avait besoin de 50,1 millions de dollars de financement cette année, dont 41,4 millions font actuellement défaut.

 

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