Liban : un Casque bleu trouve la mort dans un échange de tirs le long de la Ligne bleue

28 janvier 2015

La Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) a condamné mercredi les échanges de tirs survenus le jour même le long de la Ligne bleue entre Israël et le Liban, ayant causé la mort d'un soldat de la paix dans l'exercice de ses fonctions.

« A environ 11h30 ce matin, la FINUL a constaté le lancement de six roquettes en direction d'Israël depuis les environs du Wazzani, au nord de Maysat, dans la zone d'opérations de la FINUL », a déclaré un porte-parole de la Mission dans un communiqué de presse, ajoutant que les forces israéliennes avaient riposté par des tirs d'artillerie dans le même périmètre.

Au cours des évènements, un Casque bleu de la FINUL, de nationalité espagnole, déployé sur un poste onusien près de Ghajar a été gravement touché, avant de succomber peu après à ses blessures. « La cause précise de sa mort est encore indéterminée et fait actuellement l'objet d'une enquête », a précisé le porte-parole de la Mission.

Selon lui, le chef de la FINUL, le général Luciano Portolano, était en contact direct avec les parties afin d'aider à conserver le contrôle de la situation et d'éviter une nouvelle escalade de la violence.

Dans l'intervalle, aux alentours de 13h30, cinq autres roquettes ont été tirées à partir de la zone de Kfar Shouba en direction d'Israël, provoquant une nouvelle salve de riposte par l'artillerie israélienne, a précisé le porte-parole de la FINUL.

Selon le porte-parole, la FINUL a été informée par l'armée israélienne que deux de ses soldats ont été tués et d'autres blessés par les tirs en provenance du territoire libanais, revendiqués par le Hezbollah libanais.

« La FINUL a renforcé sa présence sur le terrain et intensifié ses patrouilles dans la zone des opérations en coordination avec les forces armées libanaises. Pour l'heure, la situation le long de la Ligne bleue est calme », a précisé le porte-parole – la ligne a été tracée en juin 2000 par l'ONU, avec l'aide de la Mission, après le retrait israélien du Liban le mois précédent.

Le général Portolano a fermement condamné « cette violation grave de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU », a ajouté le porte-parole, précisant que la FINUL avait lancé une enquête pour déterminer les faits et les circonstances entourant l'incident.

Le Conseil de sécurité s'est réuni en consultations à huis clos dans l'après-midi afin de discuter de la situation dans le pays.

S'exprimant par l'intermédiaire de son porte-parole dans un communiqué de presse à New York, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, s'est dit profondément préoccupé par la « grave détérioration de la situation sécuritaire au Sud-Liban et les violations de la cessation des hostilités ».

Le Secrétaire général a exprimé ses sincères condoléances à la famille du soldat de la paix de la FINUL tué dans l'exercice de ses fonctions, ainsi que sa sympathie envers le gouvernement et le peuple de l'Espagne.

M. Ban s'est également dit « préoccupé par les violations de l'Accord de désengagement entre Israël et la Syrie de 1974 », précisant que des tirs de roquettes effectués hier, mardi 27 janvier, en provenance du secteur Bravo de la zone de désengagement ont atterri de l'autre côté de la ligne de cessez-le-feu et que les forces de défense israéliennes ont répondu par des tirs d'artillerie, suivis d'un raid aérien.

En conclusion, le Secrétaire général a condamné toutes les violences et a appelé les parties concernées à faire preuve de la plus grande retenue, ainsi qu'à s'abstenir de toute action susceptible de nuire à la stabilité de la région. M. Ban a en outre appelé au respect de la souveraineté territoriale de tous les pays de la région et de toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.

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