En Iraq, Angelina Jolie appelle la communauté internationale à relever le défi humanitaire

26 janvier 2015

La détérioration rapide de la situation humanitaire en Iraq est une réalité « choquante » appelant une réaction immédiate de la communauté internationale, a déclaré l'actrice américaine et Envoyée spéciale du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Angelina Jolie, lors de sa visite d'un camp iraquien de déplacés internes.

« Depuis ma dernière visite en Iraq [en septembre 2012], 2 millions de personnes supplémentaires ont été forcées de quitter leur domicile, principalement durant les six derniers mois », a déclaré l'Envoyée spéciale lors d'une conférence de presse à Khanke, un camp de déplacés à l'intérieur du pays situé dans la province de Dohuk, au nord-ouest du Kurdistan iraquien. « Le débordement du conflit syrien dans la région a été dévastateur », a-t-elle ajouté, constatant la vitesse et l'ampleur alarmantes des déplacements.

La visite de Mme Jolie intervient en pleine aggravation de la situation humanitaire dans le pays, alors que les conflits en Syrie et en Iraq « s'intensifient et s'entremêlent », a déclaré dimanche le HCR dans un communiqué de presse à Dohuk, à l'occasion de la venue de l'Envoyée spéciale.

En raison de l'escalade de la violence dans la région, l'agence de l'ONU a estimé que 3,3 millions de personnes sont encore déplacées sur l'ensemble du territoire iraquien et que 330.000 personnes sont contraintes d'affronter l'hiver loin de leur domicile dans des abris de fortune.

« Rien ne peut vous préparer aux témoignages bouleversants de ces survivants d'enlèvements, d'abus et d'exploitations et au constat qu'ils ne disposent pas de l'aide d'urgence dont ils ont besoin et qu'ils méritent », a déploré Mme Jolie.

Selon le HCR, le manque de financement est directement responsable d'une réduction des programmes offerts par l'agence de l'ONU, notamment pour aider les victimes de violences et de violations des droits de l'homme à trouver un abri. Seulement 53% des 337 millions de dollars jugés nécessaires par le HCR en 2014 pour répondre à la crise en Iraq ont été perçus, et l'agence pour les réfugiés anticipe de ne recevoir que 31% des 556 millions de dollars nécessaires pour 2015.

« Il ne suffit pas de défendre nos valeurs chez nous. Nous devons les défendre ici, dans les camps, dans les campements de fortune à travers le Moyen-Orient et dans les villes en ruines d'Iraq et de Syrie. Nous sommes mis à l'épreuve en tant que communauté internationale et jusqu'à présent, malgré les immenses efforts déployés et nos bonnes intentions, nous ne sommes pas parvenus à relever le défi », a déclaré l'Envoyée spéciale.

 

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