Bahreïn : des experts de l'ONU appellent à cesser la répression contre les militantes des droits de l'homme

29 décembre 2014

Un groupe d'experts des droits de l'homme des Nations Unies a exhorté lundi le gouvernement de Bahreïn à abandonner ses poursuites contre trois militantes des droits de l'homme pour avoir exercé leurs droits à la libre expression et la libre association.

Titulaires de mandats au titre des procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, les experts indépendants spécialisés dans les droits humains s'exprimant conjointement sur la question comprenaient le Président-Rapporteur du Groupe de travail sur la détention arbitraire, Mads Andenas, le Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression, David Kaye, le Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, Michel Forst, et le Rapporteur spécial sur le droit de réunion pacifique et la liberté d'association, Maina Kiai.

« Les trois militantes ont été arrêtées ou condamnées uniquement en raison des critiques qu'elles ont proférées à l'encontre des autorités gouvernementales », ont déclaré les experts indépendant dans un communiqué de presse à Genève.

« De telles critiques ne sont pas seulement parfaitement légitime en vertu des obligations de Bahreïn relatives aux droits de l'homme, elles sont est également essentielles pour la tenue d'un débat libre et public consubstantiel à toute société civile sainement constituée ».

Les trois militantes concernées par les poursuites sont la co-directrice du Centre du Golfe pour les droits de l'homme, Maryam al-Khawaja, sa sœur et la militante bahreïnite en faveur des droits de la femme, Zainab al-Khawaja, et la présidente du Women's Petition Committee (WPC), Ghada Jamsheer.

Maryam al-Khawaja a été condamnée le 1er décembre pour avoir prétendument agressé des agents de sécurité dans un aéroport. Sa sœur, Zainab al-Khawaja, a été condamnée le 4 décembre à trois ans de prison et une amende de 7.900 dollars pour avoir déchiré une image du roi de Bahreïn au cours de l'audience d'un tribunal en octobre. Quelques jours plus tard, Zainab al-Khawaja a été condamnée à une année supplémentaire pour « insulte à un fonctionnaire ». Elle fait également l'objet d'autres accusations pour outrage à un agent de police et effractions.

Les deux militantes sont les filles de Abdulhadi al-Khawaja, l'ancien président du Centre bahreïnite pour les droits de l'homme, qui est maintenu en détention depuis 2011. L'ONU a demandé aux autorités du pays sa libération à de multiples reprises.

Quant à elle, la présidente du WPC, un réseau de militantes bahreïnites des droits de l'homme militant en faveur d'une réforme des lois sur la famille, a été détenue pendant plus de trois mois dans une prison pour femmes pour des accusations de « tweets diffamatoires » avant d'être placée en résidence surveillée le 15 décembre pour 12 chefs d'accusation, dont celui d'avoir « agressé un agent de police » durant sa détention.

« Nous sommes extrêmement préoccupés par le harcèlement continu et la criminalisation des militants à Bahreïn », ont déclaré les experts des droits de l'homme. « Nous appelons les autorités à renoncer à ces persécutions et à abandonner immédiatement toutes les charges retenues contre les sœurs al-Khawaja et Mme Jamsheer ».

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