Ban Ki-moon exhorte le Pakistan à rétablir son moratoire sur la peine de mort

26 décembre 2014

Le Secrétaire général des Nation Unies, Ban Ki-moon, appelle le gouvernement du Pakistan à mettre un terme aux exécutions de tous les condamnés à mort et à rétablir le moratoire du pays sur la peine capitale, a annoncé vendredi un porte-parole des Nations Unies.

L'appel de M. Ban fait suite à la récente décision du Pakistan de mettre un terme à un moratoire de six ans sur l'utilisation de la peine de mort à la suite de l'attaque terroriste menée le 16 décembre dernier par des talibans pakistanais à Peshawar, qui a fait 148 morts, dans leur grande majorité des enfants.

Le Bureau du porte-parole du chef de l'ONU a noté que, lors d'une conversation téléphonique qui a eu lieu la veille entre M. Ban et le Premier ministre du Pakistan, Nawaz Sharif, le Secrétaire général a renouvelé ses condoléances au peuple et au gouvernement du Pakistan et, « tout en reconnaissant pleinement les circonstances difficiles » dans lesquelles se trouve le pays suite à cette attaque, a exhorté le gouvernement à rétablir le moratoire sur la peine de mort.

Dans un communiqué de presse rendu public lundi 22 décembre à Genève, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, avait condamné la récente levée du moratoire sur la peine capitale au Pakistan et en Jordanie, soulignant qu' « aucun système judiciaire, quel qu'il soit, ne saurait être infaillible ».

« Il est très regrettable que le Pakistan et la Jordanie aient repris les exécutions, mettant un terme au moratoire sur la peine de mort qu'ils avaient si louablement mis en place, respectivement en 2008 et 2006 », avait ainsi déclaré M. Zeid.

« C'est d'autant plus décevant que la semaine dernière, un vote record de 117 États à l'Assemblée générale de l'ONU s'est prononcé en faveur d'un moratoire international sur l'utilisation de la peine de mort », avait précisé le chef des droits de l'homme de l'ONU.

En octobre, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) avait par ailleurs publié son rapport annuel sur la question, intitulé « Moving away from the death penalty », qui défend l'abolition universelle de la peine de mort en raison de la nécessité d'éviter l'exécution de personnes soumises à des condamnations injustifiées ; du manque de données statistiques démontrant l'effet dissuasif de cette pratique ; et du taux élevé d'exécutions constaté parmi les communautés marginalisées, y compris chez les personnes atteintes de déficiences mentales ou intellectuelles.

Récemment, la Guinée équatoriale et les États de Washington, du Maryland et du Connecticut aux États-Unis, ont décidé d'établir un moratoire ou de suspendre les exécutions. En Avril dernier, le Salvador, le Gabon et la Pologne ont adhéré au Deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort, rejoignant les 160 autres pays ne pratiquant pas ou ayant mis un terme à la peine capitale.

 

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