Cambodge : les Montagnards qui avaient fui le Vietnam sont en lieu sûr, selon l'ONU

23 décembre 2014

Après plusieurs semaines d'efforts et de tractations avec les autorités cambodgiennes, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a déclaré mardi que les Montagnards vietnamiens retranchés dans la jungle cambodgienne depuis octobre sans assistance ni protection sont désormais en lieu sûr.

Lors d'une conférence de presse prononcée à Genève, une porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani, a annoncé aux journalistes que le groupe de 13 personnes vietnamiennes de la minorité indigène des Montagnards se trouvent actuellement en sécurité et ont entamé une procédure de demande d'asile auprès du Cambodge.

Selon des sources locales, les Montagnards avait mentionné avoir fui les persécutions religieuses dont ils faisaient l'objet au Vietnam. Craignant d'être arrêtés et déportés par les autorités cambodgiennes, ils n'osaient cependant pas s'aventurer en dehors de la jungle de la province de Ratanakiri, au nord-est du Cambodge. La semaine dernière, une équipe de l'ONU, composée de membres du HCDH et du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), s'était rendu sur place à Ratanakiri pour tenter de localiser et de parler aux Montagnards. En dépit d'instructions claires de la part des autorités cambodgienne demandant aux autorités locales de la province de Ratanakiri de coopérer avec l'équipe des Nations Unies, ces dernières avaient cependant refusé de permettre l'accès au groupe de Montagnards. Dans le même temps, les responsables de l'ONU avaient été informés que la police locale continuait de rechercher les Montagnards, possiblement afin de les remettre aux autorités vietnamiennes.

Selon la porte-parole du HCDH, dans le courant de la semaine dernière, les Montagnards ont finalement fait savoir qu'ils étaient prêts à sortir de leur isolement, en présence de l'ONU. Dans la matinée du samedi 20 décembre, un groupe de huit Montagnards, dont une femme, s'est présenté à l'équipe des Nations Unies et aux autorités locales. Plus tard dans la journée du samedi, la police locale a informé l'équipe des Nations Unies qu'elle détenait en garde à vue les cinq Montagnards restant, avant de les lui remettre dans la soirée.

« Quand notre équipe les a trouvés, les 13 Montagnards étaient minces, épuisés, échevelés et se plaignaient de divers problèmes de santé après plus de sept semaines passées à dormir sur le sol accidenté de la forêt, avec peu de vivres à leur disposition », a déclaré Mme Shamdasani, précisant que les demandes d'asile des 13 personnes sont actuellement en cours de traitement par le ministère du statut de réfugié du gouvernement cambodgien.

« Nous sommes reconnaissants de la collaboration étroite du ministère de l'Intérieur et de nos partenaires de l'agence pour les réfugiés des Nations Unies (HCR) », a déclaré la porte-parole du HCDH. « Nous remercions le ministère de l'Intérieur pour sa coopération tout au long des deux derniers mois, en dépit des difficultés avec les autorités provinciales », a conclu Mme Shamdasani, tout en saluant également la coopération dont ont fait preuve au final les autorités provinciales.

 

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