RDC : l'ONU salue la condamnation d'un officier des FARDC pour crimes contre l'humanité
« Ce jugement est l'aboutissement d'un travail en synergie long de sept années mené par les autorités judiciaires congolaises avec l'appui de la MONUSCO, du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), et des ONG nationales et internationales qui uvrent pour la lutte contre l'impunité », s'est félicitée la MONUSCO dans un communiqué de presse.
Le lieutenant-colonel Bedi Engangela, alias «Colonel 106», était poursuivi devant la Cour militaire du Sud-Kivu pour crimes contre l'humanité, dont le viol, l'esclavage sexuel et le meurtre, commis entre 2005 et 2007 alors qu'il était aux commandes d'une unité des FARDC dans la province du Sud-Kivu. Il figurait parmi les cinq officiers de l'armée accusés de violences sexuelles qu'une délégation du Conseil de sécurité de l'ONU avait encouragé à traduire en justice. Le jugement de la Cour fait suite à la condamnation récente d'un autre officier supérieur des FARDC, le général Jérôme Kakwavu, à une peine de 10 ans de prison pour crimes de guerre, le 7 novembre dernier.
« Je félicite les autorités congolaises pour les efforts fournis afin de poursuivre le lieutenant-colonel Engangela », a déclaré à son tour le Directeur ad intérim du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l'homme en RDC, Abdoul Aziz Thioye. « C'est un message fort qui est envoyé aux auteurs de graves violations des droits de l'homme. Leur crimes ne resteront pas impunis ».
De son côté, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, Zainab Hawa Bangura, a également salué la décision de la Cour.
« Ces procès, et, en définitive, ces condamnations, envoient aux auteurs de violences sexuelles en RDC un message très clair, à savoir qu'ils ne peuvent pas se cacher derrière un badge ou échapper à la justice avec un uniforme et que peu importe leur rang, ils ne sont pas au-dessus de la loi », a déclaré la Représentante spéciale. « Avec ces condamnations et ces peines, les tribunaux ont également montré aux survivants que leurs voix et leurs cris ont été entendus, et qu'ils n'auront pas à souffrir en silence ou à être privés de justice, parce que leur gouvernement soutient leur droit à la réparation », a-t-elle estimé.