La CPI exhorte le Conseil de sécurité à prendre ses responsabilités au Darfour

12 décembre 2014

Pas un seul des cinq individus suspectés de crimes graves commis au Darfour n'a à ce jour été traduit devant la justice internationale, a de nouveau regretté vendredi la Procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda.

« Certains continuent même de perpétrer des atrocités contre des civils innocents », a-t-elle souligné dans un discours au Conseil de sécurité de l'ONU.

« La situation au Darfour continue de se dégrader, la brutalité des crimes commis est de plus en plus prononcée, les femmes et les enfants sont les principales victimes des attaques ciblant les civils innocents », s'est indignée Mme Bensouda, dénonçant notamment les exactions commises par les Forces d'action rapide commandée par l'ex-milicien janjaweed Mohamed Hamdan.

« Cela fait presque 10 ans que mon Bureau fait rapport au Conseil et jamais une recommandation stratégique ne lui a été fournie en retour », a déploré la Procureure de la CPI. Etant donné la passivité du Conseil et le manque de ressources dont dispose son Bureau pour mener à bien ses enquêtes, Mme Bensouda a déclaré ne plus avoir d'autre choix que celui d'interrompre jusqu'à nouvel ordre ses travaux d'enquêtes sur le Darfour, allant jusqu'à mettre en garde les 15 membres du Conseil que la CPI risque de ne plus avoir d'éléments tangibles à leur présenter s'il n'adopte pas une attitude proactive.

Elle a par ailleurs exhorté le Conseil à se pencher sans délai sur les récentes allégations de viols de masse dans la localité de Thabit, au Nord-Darfour. « Le Conseil doit condamner fermement le comportement du gouvernement soudanais qui refuse l'accès à cette localité et empêche ainsi la conduite d'une enquête sérieuse sur ces crimes », a-t-elle insisté.

Par ailleurs, Mme Bensouda a exhorté le Conseil à agir sur la question des voyages du Président soudanais Omar al Bachir, contre lequel un mandat de la CPI a été délivré.

« J'appelle tous les États et ce Conseil à trouver les moyens d'empêcher que M. al Bachir et d'autres individus contre lesquels des mandats de la Cour ont été délivrés ne se rendent dans tel ou tel pays », a-t-elle déclaré, ajoutant que le gouvernement du Soudan, en tant qu'État souverain, a la responsabilité première d'appliquer pleinement les mandats de la Cour.

 

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