L'ONU est inquiète pour la liberté d'expression en Egypte

2 décembre 2014

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) s'est dit mardi profondément préoccupé par un certain nombre de développements récents en Egypte et leur impact sur la liberté d'expression, d'association et de réunion.

« Nous sommes également préoccupés par l'absence de poursuites pour les violations des droits humains commises par les forces de sécurité dans le contexte de manifestations », a ajouté le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, lors d'une conférence de presse à Genève.

Au moins cinq personnes, dont deux agents de sécurité, auraient été tuées dans des affrontements entre manifestants et forces de sécurité lors de manifestations au cours du week-end.

« Les autorités doivent s'assurer que les forces de sécurité n'aient pas recours à un usage excessif de la force et que des enquêtes rapides, approfondies et indépendantes soient menées sur toutes les violations des droits humains commises dans le cadre de manifestations, y compris celles qui ont abouti à des décès », a dit M. Colville. « Les manifestants, pour leur part, devraient exercer leur droit de réunion d'une manière pacifique. La polarisation croissante de la société égyptienne est très alarmante et nous exhortons toutes les parties à entamer un dialogue national. »

La semaine dernière, 78 adolescents ont été condamnés à des peines allant de deux à cinq ans de prison pour avoir participé à des manifestations non autorisées, faire partie des Frères musulmans, avoir appelé à la chute du régime, avoir bloqué des routes et « avoir propagé la peur parmi les habitants » à Alexandrie. « Nous exhortons le gouvernement à libérer immédiatement tous ceux qui ont été détenus pour avoir exercé de manière légitime leur droit à se réunir de manière pacifique et leur droit à la liberté d'association et d'expression », a déclaré le porte-parole du HCDH.

Le HCDH s'est également dit préoccupé par l'utilisation de tribunaux militaires pour juger des civils. Au moins 16 civils auraient été jugés par des tribunaux militaires depuis que le Président égyptien Al-Sissi a publié un décret en octobre qui permet à l'armée de protéger, aux côtés de la police, les « installations critiques et sensibles », qui incluent les réseaux électriques, les champs de gaz et de pétrole, les lignes ferroviaires, les réseaux routiers et les ponts.

« Les tribunaux militaires ne respectent pas en général les normes internationales en matière de procédure régulière et nous exhortons les autorités égyptiennes à mettre un terme aux procès de civils devant des tribunaux militaires », a dit M. Colville.

 

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