Ukraine : l'ONU affirme que les violations des droits de l'homme se poursuivent malgré le cessez-le-feu

20 novembre 2014

Selon un rapport publié jeudi par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), les civils continuent d'être tués, détenus de façon arbitraire, torturés, ou victimes de disparitions forcées dans l'est de l'Ukraine. Le nombre de personnes déplacées continue également d'augmenter malgré l'annonce d'un cessez-le-feu le 5 septembre.

« Les violations des normes internationales des droits de l'homme et du droit humanitaire continuent. La situation dans la zone affectée par le conflit devient de plus en plus figée, avec un effondrement total de l'ordre public et l'émergence de systèmes de gouvernance parallèles dans les territoires contrôlés par les entités autoproclamées des Républiques populaires de Donetsk et de Louhansk », a indiqué le HCDH dans le rapport.

« La présence d'une quantité importante d'armes sophistiquées et de combattants étrangers venus de la Fédération de Russie, affecte directement la situation des droits de l'homme dans l'est de l'Ukraine. La protection des personnes qui vivent dans les zones de conflit doit être la première priorité. Une solution pacifique doit être trouvée pour mettre fin aux combats et à la violence, afin de sauver des vies et pour empêcher davantage de souffrances pour les gens qui vivent dans les régions orientales », a-t-il ajouté.

Au moins 4.317 personnes auraient été tuées et 9.921 blessées dans la zone de conflit dans l'est de l'Ukraine entre la mi-avril et le 18 novembre, selon le HCDH. Depuis le début du cessez-le-feu le 6 septembre, la mort de 957 personnes a été confirmée, dont 838 hommes et 119 femmes. Le nombre de personnes déplacées est passé de 275.489 au 18 septembre, à 466.829 au 19 septembre, selon les services de secours de l'Etat ukrainien.

Le rapport, qui est le septième rapport de l'équipe de la mission d'observation des droits de l'homme du HCDH, couvre la période du 17 septembre au 31 octobre. Il indique que, selon les informations recueillies par la mission, les violations des droits humains continuent avec des actes de torture, du travail forcé, des violences sexuelles, des détentions arbitraires et des confiscations de biens.

Néanmoins, le rapport indique également que des mesures positives ont été adoptées par le gouvernement ukrainien. Une loi sur les personnes déplacées a été adoptée, des mesures ont été prises pour combattre la corruption, et le Bureau du Procureur a été réformé. Le Président ukrainien Petro Porochenko a récemment signé un décret ordonnant le gouvernement d'élaborer une stratégie nationale des droits de l'homme pour l'Ukraine d'ici le 1er janvier 2015.

En réaction au rapport, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein a salué ce décret en affirmant qu'il espère « que la protection et la promotion des droits de l'homme seront une plus grande priorité dans le pays ». « Les lois et les politiques doivent être accompagnées d'un véritable engagement politique pour les mettre en œuvre ».

« Toutes les parties prenantes doivent redoubler d'efforts pour résoudre cette crise de façon pacifique et en conformité avec les normes internationales des droits de l'homme », a souligné le Haut-Commissaire.

 

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