Gambie : l'ONU dénonce une loi condamnant à perpétuité « l'homosexualité aggravée »

20 novembre 2014

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a critiqué jeudi l'adoption récente d'une loi en Gambie introduisant un délit d'« homosexualité aggravée » passible d'une peine de prison à perpétuité et s'est dit inquiet face aux informations concernant une vague d'arrestations arbitraires d'homosexuels présumés.

L'amendement au code pénal a été voté par le parlement gambien plus tôt cette année et promulgué en octobre par le Président Yahya Jammeh. La loi vise notamment les « récidivistes », c'est-à-dire ceux qui ont déjà été condamnés pour homosexualité, les personnes séropositives, et les personnes qui ont des rapports homosexuels consentants avec des personnes handicapées, qui risqueront désormais l'emprisonnement à vie.

« Cette loi constitue une violation des droits de l'homme fondamentaux, dont le droit à la vie privée, l'interdiction de la discrimination et des arrestations et détentions arbitraires. La loi stigmatise et renforce la violation des droits que subissent déjà les lesbiennes, gays, bisexuels ou transgenre (LGBT) en Gambie », a souligné M. Zeid dans un communiqué de presse.

« Les gouvernements ont le devoir de protéger leur peuple contre les préjugés et non pas d'y contribuer. L'hostilité de l'opinion publique à l'égard des personnes LGBT ne peut jamais justifier la violation de leurs droits fondamentaux. Au contraire, une telle hostilité requiert des mesures renforcées pour les protéger contre des violations de leurs droits humains. Cela a été réaffirmé par les mécanismes de l'ONU pour les droits de l'homme et par la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples », a-t-il ajouté.

Depuis l'adoption de cette loi, des représentants de l'agence de renseignement nationale de la Gambie ont effectué des enquêtes pour identifier, arrêter et emprisonner des personnes suspectées d'être homosexuelles, et certaines des personnes détenues auraient également subi des violences et des mauvais traitements.

Dans d'autres pays, et notamment en Ouganda, des lois similaires ont mené à la multiplication des attaques violentes contre la communauté LGBT, y compris des agressions collectives.

« J'appelle la Gambie à respecter ses obligations internationales à protéger les droits de toutes les personnes sans discrimination, d'abroger cet amendement au code pénal qui proscrit les relations entre adultes consentants et à mettre fin immédiatement aux arrestations basées sur cette loi injuste », a déclaré le Haut-Commissaire aux droits de l'homme.

 

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