La Guinée-Bissau a besoin d'être encore soutenue par la communauté internationale, selon l'ONU

19 novembre 2014

A l'occasion d'une réunion du Conseil de sécurité consacrée mardi à la situation en Guinée-Bissau, le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général dans ce pays, Miguel Trovoada, a prévenu qu'avec les progrès considérables accomplis, ce pays ne pouvait pas s'offrir le luxe d'un statu quo, au risque de perdre tous ses gains démocratiques.

La Guinée-Bissau a finalisé son retour à l'ordre constitutionnel, ses principales institutions sont redevenues légitimes et représentatives et un Gouvernement inclusif, « qui prend en compte toutes les sensibilités politiques nationales », a été formé, a expliqué Miguel Trovoada, qui est également Chef du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (BINUGBIS).

« Avec le soutien de la communauté internationale, des organisations régionales et sous-régionales et de ses partenaires, la Guinée-Bissau s'efforce de poursuivre sa transition vers la paix et la stabilité », a-t-il affirmé, en soulignant le rôle prééminent joué, dans ce cadre, par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et de sa mission de maintien de la paix, l'ECOMIB, ainsi que de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP).

Cependant, certaines causes profondes des problèmes du pays ne sont pas résolues, comme en témoignent les divergences entre les partis politiques et les divisions internes en leur sein même, a fait remarquer le Représentant spécial. « Par ailleurs, un climat de suspicion entre civils et militaires persiste », a assuré M. Trovaoda, qui a fait également état du dysfonctionnement de certaines institutions étatiques.

Un consensus semble toutefois émerger dans le pays quant à la nécessité d'engager des réformes, en particulier dans les domaines de la défense et de la sécurité, de la justice et de l'administration publique, a expliqué le Chef du BINUGBIS. « En ce qui concerne la défense et la sécurité, le changement à la tête de l'état-major des forces armées n'a été qu'un premier pas en ce sens », a-t-il estimé. « La réforme doit se faire de manière globale, inclusive et intégrée, en vue de parvenir à une solution techniquement faisable, économiquement supportable et politiquement acceptable par toutes les parties prenantes. »

Le Président de la formation Guinée-Bissau de la Commission de consolidation de la paix (CCP), Antonio de Aguiar Patriota, du Brésil, a souligné les mesures décisives adoptées, au cours de ces derniers mois, par les autorités dans le cadre de la réforme du secteur de la sécurité, notamment pour mettre à jour les fichiers des retraités de l'armée et régler les arriérés de salaire des fonctionnaires, avec le concours de l'ECOMIB.

En outre, pour faire face à des inégalités sociales très marquées et à l'absence d'infrastructures nécessaires au développement d'une agriculture et d'une industrie minière nationales, a-t-il fait remarquer, les autorités de la Guinée-Bissau s'efforcent de répondre aux besoins de la population, de mettre en place des mesures de prévention contre Ebola et d'améliorer la fourniture des services de base. La Guinée-Bissau, a précisé M. Trovaoda, occupe la 177e place de l'index du développement humain, sur les 187 pays répertoriés.

Dans ce contexte, le programme élaboré en septembre par le gouvernement a identifié « la stabilité, la consolidation de l'état de droit et le renforcement des institutions publiques, la bonne gouvernance, la justice et le développement comme priorités absolues ». Compte tenu des ressources limitées dont elle dispose, la communauté internationale doit continuer, plus que jamais, à rester solidaire avec la Guinée-Bissau, a estimé le Représentant spécial.

La corruption, l'utilisation de son territoire comme point de transit du trafic de stupéfiants ou base de la criminalité organisée, ou encore le non-respect de l'état de droit et des droits de l'homme, a précisé M. Trovoada, sont autant de menaces qui pèsent sur de fragiles acquis. « L'impunité ne pourra être éradiquée que si ceux qui interprètent et appliquent la loi disposent de la liberté d'agir sans contraintes et d'instruments nécessaires pour faire respecter les décisions de justice », a averti le Chef du BINUGBIS.

 

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