Des experts de l'ONU et de l'Union africaine saluent la reconnaissance légale d'une organisation LGBT au Botswana
Vendredi dernier, la Cour a rejeté les arguments avancés par le Ministère du travail et des affaires intérieures du Botswana pour refuser l'enregistrement de LEGABIBO et a affirmé que « ce n'est pas un crime d'être attiré par les personnes du même sexe » et que « plaider pour des réformes législatives visant à décriminaliser l'homosexualité est légal ».
« Ce jugement notable de la Haute Cour du Botswana réaffirme que chacun a le droit à la liberté d'association et de réunion pacifique », a déclaré le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d'association, Maina Kiai, dans un communiqué de presse.
« D'autres pays devraient suivre et permettre l'enregistrement des organisations militant pour les droits de l'homme des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT) », a-t-il ajouté.
Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, Michel Forst, a rappelé que « les Nations Unies et la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples ont à plusieurs reprises appelé les États à s'assurer que les défenseurs des droits de l'homme qui travaillent pour protéger les droits des personnes LGBT puissent faire leur travail essentiel sans entraves ».
« Nous saluons cette décision remarquable et nous espérons qu'elle conduira à une plus grande reconnaissance et une meilleure protection des défenseurs LGBT des droits de l'homme en Afrique et au-delà», a souligné de son côté la Rapporteuse spéciale sur les défenseurs des droits de l'homme de la Commission africaine, Reine Alapini-Gansou.
« Cette décision majeure souligne qu'il ne peut y avoir aucune justification pour restreindre la liberté d'expression sur la base de l'orientation sexuelle et de l'identité du genre », a affirmé le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à la liberté d'opinion et d'expression, David Kaye. « J'espère que d'autres États prendront note de ce jugement important et élimineront ces restrictions discriminatoires. »
Les experts indépendants des droits de l'homme ont appelé les autorités du Botswana à exécuter ce jugement et ont exhorté tous les pays à supprimer les restrictions discriminatoires aux droits fondamentaux des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres.