La peine de mort est une pratique cruelle contraire au principe de dignité humaine - ONU

9 octobre 2014

A l'occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a affirmé que la peine de mort est une pratique cruelle contraire au principe de la dignité humaine. Il a exhorté les États membres à « réaffirmer leur attachement aux droits fondamentaux » en imposant un moratoire sur les exécutions.

Dans un message vidéo diffusé au siège de l'ONU à Genève lors d'un événement marquant la Journée mondiale, le chef de l'ONU a noté qu'un nombre croissant d'États de toutes les régions du monde ont reconnu que la peine capitale ne sert pas la justice.

« La peine de mort ne dissuade pas les crimes et son abolition peut contribuer à renforcer le respect des droits de l'homme. Le fait de tuer quelqu'un est un acte irréversible que personne ne devrait infliger sur une autre personne », a souligné M. Ban. « La peine de mort est injuste et incompatible avec les droits de l'homme ».

Lors de l'événement à Genève, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a présenté un rapport qui fait le point sur l'application de la peine de mort dans le monde et qui présente des arguments pour son abolition.

Récemment, la Guinée équatoriale, le Pakistan et les États de Washington, du Maryland et du Connecticut aux États-Unis ont décidé d'établir un moratoire sur la peine de mort. En avril dernier, El Salvador, le Gabon et la Pologne ont adhéré au Deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et droits politiques - un accord international visant à abolir la peine de mort. Ces pays ont donc rejoint plus de 160 autres pays qui ont soit aboli la peine de mort, soit établi un moratoire.

De son côté, le Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux droits de l'homme, Ivan Simonovic, s'est félicité de la tendance générale vers l'abolition, en ajoutant que le soutien à l'abolition prend de l'ampleur dans le monde.

Cependant, at-il noté, malgré les succès, il y a aussi des revers avec certains États qui ont repris les exécutions après des décennies et d'autres qui réintroduisent la peine de mort pour certains crimes.

« En 2013, après plusieurs années de lente, mais constante régression de la peine de mort, nous avons constaté une augmentation de 12% du nombre d'exécutions par rapport à 2012, et un Etat a rétabli la peine de mort », a rappelé M. Simonovic, en soulignant que cela montre qu'il est nécessaire de redoubler d'efforts pour arriver à l'abolition universelle de la peine de mort.

De leur côté, 12 Etats membres ont publié un appel conjoint en faveur du respect universel de la dignité humaine.

« Nous respectons l'avis de ceux qui soutiennent encore la peine de mort, et nous affirmons que chacun a le droit d'être protégé contre la violence et la criminalité. Toutefois, l'exécution imposée par l'Etat n'a plus sa place au 21e siècle. Une justice moderne ne peut se limiter à n'être que punitive et vindicative », déclare l'appel conjoint.

Cet appel mondial est le premier à être lancé conjointement par des pays abolitionnistes et non-abolitionnistes. « Nous reconnaissons que l'échange et la coopération sont essentiels pour arriver à développer des systèmes de justice plus efficaces et plus humains. Nos pays ont l'expérience et la motivation pour faire de la peine de mort une sentence du passé. Une vaste majorité de pays soutiennent déjà l'abolition universelle ; notre espoir partagé est que tous rejoignent bientôt ce mouvement », déclarent les pays signataires de cet appel.

L'appel a été signé par les Ministres des affaires étrangères d'Argentine, d'Australie, du Bénin, du Burkina Faso, d'Haïti, du Mexique, de Mongolie, de Norvège, des Philippines, du Royaume-Uni, de Suisse, et de Turquie.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.