Le Liban alarmé par la situation créée au Moyen-Orient par le conflit syrien

26 septembre 2014

Le Premier ministre du Liban, Tammam Salam, a fait part vendredi à l'Assemblée générale des Nations Unies de la profonde inquiétude de son pays, situé « au milieu d'une région turbulente » et menacé par « une virulente offensive terroriste menée par des groupes obscurantistes et criminels ».

« L'actuelle mobilisation internationale contre le terrorisme reflète la prise de conscience de la communauté internationale de la situation alarmante de notre région et de l'urgence qu'il y a à éteindre les flammes », a dit M. Salam.

Soulignant la nécessité d'une coopération régionale et internationale pour combattre le terrorisme, il a appelé les pays amis à « protéger le Liban des luttes d'influence régionales ».

« Les événements qui se produisent dans de vastes régions de Syrie et d'Iraq sont des crimes qui ne peuvent être compris ou acceptés par aucun esprit et aucune religion », a-t-il encore dit.

M. Salam a également déploré que les terroristes aient « pris pour cibles des groupes religieux qui ont toujours fait partie du tissu social de la région et constitué un élément fondamental de sa diversité culturelle », citant notamment les attaques récentes contre les chrétiens et les yézidis.

Toute attaque contre des religions, leurs fidèles et leurs lieux de culte est considérée par le Liban comme « une offensive contre la dignité humaine » et comme « une violation du droit à la liberté religieuse, inscrite dans la Charte des Nations Unies », a poursuivi le Premier ministre libanais, en notant que le Liban est « fier d'être le seul pays du monde arabe et islamique dont le Président est un chrétien ».

M. Salam a aussi alerté le monde sur le grave problème des réfugiés syriens au Liban, du fait de la poursuite de la guerre dans ce pays. Près d'un million et demi de Syriens sont aujourd'hui réfugiés au Liban, un nombre équivalent à un tiers de la population du Liban, a-t-il souligné.

Compte tenu de la pression exercée par ces réfugiés sur le Liban en matière économique, humanitaire, sociale, éducationnelle, sanitaire et sécuritaire, cette réalité est « un désastre national », a dit M. Salam. Dans cette optique, il a appelé la communauté à « partager avec le Liban cet énorme fardeau qui ne peut être porté par un seul pays, quelle que soit sa taille ».

A l’occasion d’une réunion ministérielle du Groupe international d’appui au Liban qui était organisée en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a noté vendredi que « de tous les pays du monde, le Liban a le plus grand nombre de réfugiés par habitant. »

« L’aide que reçoit le Liban est très inférieure à ce dont il a besoin. Tant que la région est embrasée et que la guerre se poursuit en Syrie, les droits et la sécurité des personnes réfugiées au Liban doivent être respectés, conformément aux normes du droit international humanitaire. Mais le Liban continuera d’être mis à rude épreuve, et le fardeau qu’il supporte doit être partagé », a déclaré M. Ban.

« Pour que le Liban résiste à la tempête, il faut que toutes les institutions de l’État fonctionnent bien. Il y a quatre mois maintenant que le mandat du Président Sleiman a pris fin, et il reste moins de deux mois jusqu’à la fin de l’actuelle législature. J’exhorte tous les dirigeants libanais à dialoguer et à faire les compromis nécessaires pour que l’élection du Président puisse avoir lieu sans plus de retard », a-t-il ajouté.

 

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