Soudan du Sud : l'ONU appelle à aider davantage une population épuisée par neuf mois de conflit

25 septembre 2014

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé jeudi la communauté internationale à faire davantage pour aider la population du Soudan du Sud épuisée par neuf mois d'un sanglant conflit, tout en exhortant les dirigeants politiques du pays à réparer les dommages qu'ils ont eux-mêmes causés.

Dans un discours lors d'une réunion de haut niveau intitulée « Espoir pour le Soudan du Sud » et organisée en marge de la 69ème session de l'Assemblée générale de l'ONU, M. Ban a décrit un pays ravagé - des dizaines de milliers de morts, près de deux millions de personnes déplacées, dont un demi-million a fui vers les pays voisins – et une situation humanitaire alarmante.

Près de 100.000 personnes sont abritées sur les bases de la Mission de maintien de la paix de l'ONU (MINUSS) et hors de ces bases, des centaines de milliers d'autres personnes vivent dans l'insécurité, privées de moyens de survie essentiels, et sont presque hors d'atteinte des agences humanitaires, a déploré M. Ban.

« Environ quatre millions de personnes – plus du tiers de la population totale du pays- souffrent d'une inquiétante insécurité alimentaire. Si nous n'agissons pas rapidement, quelque 50.000 enfants pourraient mourir d'ici à la fin de l'année », a-t-il averti.

« Le Soudan du Sud a des terres fertiles et de bonnes réserves pétrolières, il pourrait avoir une économie dynamique mais au lieu de cela, il est en train de faire faillite », a déploré le chef de l'ONU, affirmant que « cette grave situation humanitaire est essentiellement due aux hommes ».

« J'ai dit aux parties qu'il ne peut y avoir de solution militaire à leur conflit. La communauté internationale doit rester prête à imposer des mesures punitives aux personnes qui sont responsables des violences et entravent le processus de paix », a ajouté M. Ban.

« J'en appelle, une fois de plus, aux hauts responsables des deux camps pour qu'ils trouvent un accord de partage du pouvoir qui soit inclusif et mutuellement accepté, afin d'entamer une phase de gouvernance de transition », a-t-il ajouté.

Un tel accord « devra traiter de manière convaincante les causes du conflit, notamment la transparence et la responsabilité dans la gestion des ressources pétrolières, qui doivent être utilisées pour améliorer l'existence de la majorité et non pas pour enrichir une minorité », a-t-il mis en garde.

Les responsables des atrocités commises depuis neuf mois « doivent être amenés à en répondre devant la justice par un mécanisme qui soit conforme aux normes internationales » et « il ne peut y avoir d'amnistie pour quiconque est responsable du meurtre de civils innocents », a-t-il précisé.

M. Ban a invité la communauté internationale à « intensifier son soutien au Soudan du Sud ». Tout en remerciant les bailleurs de fonds et rappelant que l'ONU soutenait le peuple sud-soudanais avec « la plus vaste opération humanitaire jamais entreprise dans un seul pays », il a affirmé : « Nous devons faire davantage pour faire face à des besoins énormes ».

Il a conclu en lançant un message aux dirigeants du Soudan du Sud : « C'est vous qui avez ouvert les plaies qui ont causé tant de souffrances. Maintenant, pansez-les !»

 

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