Syrie : Ban dénonce « la barbarie » des groupes extrémistes et soutient les efforts pour les combattre

23 septembre 2014

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a vigoureusement appuyé mardi les efforts internationaux visant à combattre les groupes extrémistes armés en Syrie, affirmant que « la barbarie » de ces derniers ne peut en aucune façon être justifiée.

« Bien que la montée de ces groupes extrémistes en Syrie soit une conséquence et non une cause de la tragique guerre civile syrienne, il ne peut y avoir aucune justification de leur barbarie et des souffrances qu'ils infligent au peuple syrien », a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

« Je me félicite de la solidarité internationale pour faire face à ce défi, démontrée par l'adoption à l'unanimité par le Conseil de sécurité de la résolution 2170 il y a quelques semaines », a ajouté M. Ban.

« S'opposer aux groupes terroristes présents en Syrie exige une approche diversifiée », a-t-il souligné. « Cette approche doit viser à faire face aux risques immédiats en termes de sécurité, à faire cesser les crimes et atrocités et, sur le long terme, à éliminer les conditions qui permettent à ces groupes de prendre racine ».

Le Secrétaire général a exhorté les dirigeants mondiaux assemblés à New York, en particulier ceux qui participeront demain à la réunion au sommet du Conseil de sécurité sur les combattants terroristes étrangers, « à se mettre d'accord de manière décisive pour soutenir les efforts visant à affronter ces groupes ».

En tant que garant des principes de l'ONU, il a souligné combien « il importe que toutes les mesures prises soient pleinement conformes à la Charte des Nations Unies et que les actions entreprises le soient dans le respect du droit humanitaire international. »

« Je regrette toutes les pertes en vies civiles pouvant résulter de frappes contre des cibles situées en Syrie », a encore dit M. Ban, soulignant que « les parties impliquées dans cette campagne doivent se conformer au droit humanitaire international et prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter et minimiser les pertes parmi les civils. »

« Je sais que les frappes d'aujourd'hui n'ont pas été effectuées à la demande directe du gouvernement syrien mais je note que celui-ci en avait été informé à l'avance », a poursuivi M. Ban. « Je note également que ces frappes ont été effectuées dans des zones qui ne sont plus sous le contrôle effectif du gouvernement. Je considère comme indéniable – et ceci fait l'objet d'un large consensus international – que ces groupes extrémistes posent une menace immédiate à la paix et à la sécurité internationale », a-t-il conclu.

Selon la presse, l'armée américaine et cinq nations arabes ont, pour la première fois, mené en Syrie une trentaine de raids lundi sur des positions du groupe extrémiste l'Etat islamique d'Iraq et du Levant (EIIL) et une vingtaine à la frontière de l'Iraq.

Plus tôt mardi, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a qualifié d'extrêmement préoccupante la situation dans la région syrienne de Kobané en raison des exactions commises par les combattants de l'EIIL.

Au cours de la semaine écoulée, l'EIIL s'est emparé d'au moins 105 villages kurdes dans la région de Kobané, a précisé le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, lors d'un point de presse à Genève. « Nous avons reçu des informations très alarmantes selon lesquelles les militants de l'EIIL se sont livrés à des meurtres délibérés de civils, dont des femmes et des enfants, à l'enlèvement de centaines de Kurdes et à des pillages et des destructions systématiques d'infrastructures et de biens privés ».

Tandis que plus de 138.000 personnes ont fui la région, des centaines de milliers d'autres y restent prises au piège et « vivent dans la peur de subir le genre de persécutions que les militants de l'EIIL ont infligées aux minorités religieuses et ethniques dans d'autres régions de Syrie et en Iraq », a ajouté le porte-parole.

Des personnes qui ont pu fuir cette zone ont indiqué aux représentants du HCDH que la région souffre aussi d'une grave pénurie d'eau. L'approvisionnement en eau de Kobané vient essentiellement de puits situés dans les bourgades d'Oukhan, Qula et Qientra, qui sont toutes tombées aux mains de l'EIIL, a précisé le porte-parole.

Lundi, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) avait annoncé le renforcement de son action pour aider le gouvernement turc à porter assistance aux dizaines de milliers de personnes ayant fui la région de Kobané pour se réfugier en Turquie.

Lors de son point de presse, le porte-parole du HCDH a également indiqué que le Haut-Commissariat aux droits de l'homme suivait de près le procès de trois militants des droits de l'homme, Mazen Darwish, Hani Al-Zitani et Hussein Ghareer, qui sont accusés de « promotion d'actes terroristes » aux termes de la loi anti-terroriste syrienne.

Ces trois hommes, arrêtés par des membres des services de renseignement de l'armée de l'air syrienne dans leurs bureaux du Centre syrien pour les médias et la liberté d'expression, auraient été maltraités et torturés en prison, a indiqué M. Colville, tout en soulignant que ces allégations n'ont pu être vérifiées.

Rappelant que le Groupe de travail de l'ONU sur les détentions arbitraires a affirmé que les trois hommes ont été arrêtés arbitrairement en raison de leur travail en faveur des droits humains, le HCR « appelle le gouvernement syrien à libérer toutes les personnes arrêtées pour avoir exercé pacifiquement leur droit aux libertés d'expression, de rassemblement et d'association, y compris les défenseurs des droits de l'homme, les journalistes et les opposants politiques qui sont détenus en vertu de la loi anti-terroriste ».

 

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