L'envoyé de l'ONU appelle les Centrafricains à se ressaisir face à l'aggravation de la crise

26 mars 2014

Face à la détérioration de la situation sécuritaire ces derniers jours en République centrafricaine, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies dans ce pays, Babacar Gaye, a appelé mercredi la population, les notables, les chefs religieux, les élites et les dirigeants de ce pays à « se ressaisir ».

« Je le demande aux anti-balaka et à tous ceux qui agissent sous le couvert de ce nom. Je sais qu'il y a beaucoup de gens qui utilisent ce nom pour faire beaucoup d'exactions et beaucoup de violations mais je demande à tous de prendre la seule décision courageuse qui est celle d'arrêter toutes les opérations à Bangui et à l'intérieur du pays », a ajouté, lors d'une conférence de presse, M. Gaye, qui est également le chef du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine (BINUCA).

Le Représentant spécial a rappelé que la situation sécuritaire et sociale dans le pays se détériorait sérieusement.

« Les domiciles des autorités de la transition ont été attaqués et détruits, sans motif acceptable, parfois avec l'aide des populations voisines », a-t-il noté, ajoutant que des soldats des forces internationales, MISCA et Sangaris, ont fait l'objet d'attaque de la part de groupes armés.

« Des hommes, sur la base de leur confession religieuse, ont été attaqués en pleine ville, sans motif autre que celui de leur appartenance apparemment visible à une confession. Des communautés entières sont assiégées et n'ont d'autres possibilités que de chercher à se défendre. Des personnels du système des Nations Unies ont vu leurs véhicules fouillés et certains d'entre eux, sur des bases confessionnelles, menacés de mort », a-t-il encore dit.

Le Représentant spécial a appelé les Centrafricains à ne pas se laisser aveugler par la haine et hypothéquer l'avenir de leur pays. Il a demandé à tous les groupes armés de rédiger leurs cahiers de charge et de se tenir prêts à répondre à l'appel des autorités de la transition pour une discussion avec elles. Il a aussi appelé les autorités de la transition à prendre toutes les dispositions pour l'ouverture d'un dialogue politique destiné à examiner toutes les causes de l'instabilité de ce pays.

« Ce pays va vers un naufrage dont il risque de ne pas se remettre si un sursaut national n'intervient pas. Il faut que la spirale de la violence s'arrête », a ajouté le chef du BINUCA.

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