Le Myanmar insiste sur les progrès qu'il a accomplis depuis deux ans et demi sur le plan démocratique

30 septembre 2013

Le Ministre des affaires étrangères du Myanmar a affirmé lundi, devant l'Assemblée générale, que les fondements d'une société démocratique et inclusive avaient été posés par son pays et que ses organes législatifs étaient maintenant pleinement fonctionnels.

Venu prendre part au débat général de l'Assemblée, qui a repris aujourd'hui, U Wunna Maung Lwin est longuement revenu sur ce qu'il a qualifié de véritable « transformation politique » depuis deux ans et demi au Myanmar, où le Parlement dispose maintenant d'un comité de révision constitutionnelle et où des milliers de prisonniers politiques ont été libérés grâce à l'adoption d'une loi d'amnistie.

Selon lui également, la société civile aurait voix au chapitre dans le cadre du dialogue national en cours, tandis que des accords de cessez-le-feu ont été signés avec les groupes rebelles armés qui sévissent dans différentes régions du pays. L'objectif du gouvernement, a précisé le chef de la diplomatie, est d'ouvrir, dans un avenir proche, un nouveau cycle de dialogue politique en vue de parvenir à un accord de paix général et durable sur l'ensemble du territoire.

Le 26 septembre, le Groupe des amis du Myanmar s'était réuni à New York à l'initiative du Secrétaire général Ban Ki-moon, première réunion du Groupe à laquelle a participé une délégation de ce pays. Tout en saluant « les progrès accomplis vers un système démocratique solide avec la participation active de la société civile », les participants ont souligné la nécessité urgente de s'attaquer aux causes sous-jacentes des violences intercommunautaires qui ont éclaté dans différentes parties du pays, sous peine de « potentiellement saper » le processus de réforme en cours.

Sur le plan économique, la réforme entreprise, a fait valoir aujourd'hui le Ministre, a permis notamment une libéralisation de l'économie propice à l'épanouissement du secteur privé et un développement axé sur la population, sur fond de lutte anticorruption.

Alors que le Groupe avait souligné jeudi l'importance de répondre « d'urgence » aux revendications politiques et économiques de la communauté musulmane Rohingya, qui subit de graves violations de ses droits dans l'État de Rakhine, le Ministre a fait pour sa état des mesures prises « pour préserver le caractère multiracial et multiconfessionnel du pays ». Mais il a reconnu le stade « critique » dans lequel se trouve actuellement le processus de transition de son pays, assurant les États membres que son gouvernement resterait « vigilant », avec l'appui de la communauté internationale, a-t-il espéré.

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