Navi Pillay: la reprise des exécutions de condamnés à mort, un « revers majeur » pour le Viet Nam

9 août 2013

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme a qualifié vendredi la reprise des exécutions de condamnés à mort au Viet Nam de « revers majeur » pour les droits de l'homme dans ce pays.

Un homme de 27 ans a été exécuté par injection létale le 6 août à Hanoi. Il s'agissait de la première exécution depuis un an et demi dans ce pays.

« Nous sommes consternés par la reprise des exécutions au Viet Nam », a déclaré la porte-parole du Bureau de la Haut Commissaire (HCDH), Cécile Pouilly, en conférence de presse à Genève.

Le HCDH, a-t-elle ajouté, est également « profondément préoccupé » par le sort de116 autres condamnés dans ce pays qui ont épuisé leurs recours et font désormais face à leur exécution imminente.

« Nous exhortons le gouvernement à ne pas procéder à de nouvelles exécutions et à rejoindre le nombre croissant d'États membres qui ont instauré un moratoire sur la peine de mort ou aboli cette pratique dans les faits », a poursuivi Mme Pouilly, en notant que pas moins de19 d'entre eux y avaient renoncé dans la région Asie-Pacifique.

« Nous appelons également le gouvernement à déclassifier les données relatives à la peine de mort, en rappelant l'importance de la transparence et d'un débat sur le sujet, pour que l'opinion publique ait accès à une information équilibrée et précise », a-t-elle précisé.

En juin dernier, le Secrétaire général Ban Ki-moon avait exprimé sa préoccupation quant au fait que « l'application de la peine de mort dans un certain nombre de pays se fait souvent dans le plus grand secret », et que l'absence d'informations sur le nombre d'exécutions ou des individus condamnés à mort empêche un débat national sur la question.

M. Ban avait donc exhorté les États membres à mettre fin à l'utilisation de « cette pratique inhumaine », en particulier dans les pays où les exécutions ont repris après un moratoire.

Depuis 2007, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté quatre résolutions appelant les Etats à instituer un moratoire sur le recours à la peine de mort en vue de son abolition. Près de 150 des 193 États membres de l'ONU ont aboli la peine de mort ou n'y recourent plus.

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« Prendre la vie est un processus trop radical, trop irréversible, pour qu'il soit infligé à un être humain par un autre être humain, même au terme d'une procédure judiciaire », a déclaré Ban Ki-moon en ouverture d'un évènement de haut-niveau sur la peine de mort qui se tenait vendredi au Siège des Nations Unies, à New York.