La Namibie doit s'attaquer à l'insécurité foncière des populations autochtones, plaide un expert de l'ONU

2 mai 2013

La Namibie doit redoubler d'efforts pour empêcher que les groupes autochtones ne perdent leurs terres et garantir la pérennité de leurs traditions et coutumes, a affirmé jeudi un expert indépendant de l'ONU.

Dans son dernier rapport en date, le Rapporteur spécial sur les droits des peuples autochtones, James Anaya, souligne que la perte généralisée de terres et de ressources par les groupes autochtones namibiens sous l'ère coloniale et l'apartheid n'a pas été compensée.

« À tout point de vue, les membres de la communauté San ont essuyé les pertes les plus considérables et continuent d'en subir aujourd'hui les conséquences sociales, économiques et culturelles », a-t-il indiqué, ajoutant que ce peuple utilise et occupe les terres dans le cadre de divers arrangements, dont aucun n'est vraiment adéquat ni sans problèmes.

M. Anaya a donc exhorté la Namibie à se mobiliser pour résoudre les problèmes d'insécurité foncière, dans le respect des traditions historiques. Il a également appelé le gouvernement à renforcer les mesures qui assurent aux peuples autochtones la possibilité garder intactes leurs cultures, y compris à l'égard de leurs terres traditionnelles, les autorités et les langues.

« La Namibie est un pays riche d'une grande diversité culturelle et ethnique diverse, à laquelle contribuent les peuples autochtones, qui ont été marginalisés à bien des égards », a-t-il dit, ajoutant que le gouvernement devait revoir et réformer sa législation et politiques pertinentes pour lutter contre la discrimination, renforcer la diversité culturelle, dans le respect des principes de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones ».

Dans son rapport, M. Anaya met également en lumière des développements positifs, notamment dans les domaines de la santé et de l'éducation. « Depuis l'indépendance de la Namibie en 1990, le gouvernement a fait de nombreuses réalisations importantes pour rejeter une partie de l'héritage destructeur du colonialisme et l'apartheid », a-t-il relevé.

Destiné à être présenté au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies en septembre, le rapport a été préparé à partir de recherches et d'informations recueillies auprès du gouvernement et des représentants de communautés autochtones venus dans la capitale, Windhoek.

Les Rapporteurs spéciaux du Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies sont des experts indépendants qui exercent leurs fonctions à titre personnel et indépendamment de toute organisation ou gouvernement.

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