Occupation israélienne: une mission d'établissement des faits révèle l'ampleur des violations des droits des Palestiniens

31 janvier 2013

Une mission internationale indépendante d'établissement des faits, créée en juin 2012 par le Conseil des droits de l'homme, a publié jeudi un rapport qui conclut que les droits des Palestiniens sont bafoués par l'existence même des colonies de peuplement israéliennes.

La mission internationale indépendante d'établissement des faits chargée d'étudier l'impact des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens occupés a publié jeudi un rapport, qui conclut que les droits des Palestiniens sont bafoués par l'existence même de ces activités de peuplement.

Interdépendantes, les violations constatées par les membres de cette mission s'inscrivent dans le cadre d'un schéma généralisé, caractérisé principalement par le déni du droit à l'autodétermination et des discriminations systématiques qui s'exercent quotidiennement envers le peuple palestinien.

Depuis 1967, les gouvernements israéliens successifs ont ouvertement mené, directement participé à et exercé un contrôle absolu sur la planification, la construction, le développement, la consolidation et l'incitation à la construction des colonies de peuplement, affirme le rapport.

« Conformément à l'article 49 de la quatrième Convention de Genève, Israël doit cesser toute activité de peuplement dans les colonies et ce, sans conditions préalables », affirme dans un communiqué de presse Christine Chanet, qui préside cette mission internationale établie en juin 2012 par le Conseil des droits de l'homme.

Le rapport explique que les colonies de peuplement sont établies pour le bénéfice exclusif des Israéliens juifs. Elles sont maintenues et développées au travers d'un « système de ségrégation complet » entre les colons et le reste de la population des territoires palestiniens occupés, soutenu et facilité par un contrôle militaire et un maintien de la sécurité stricts, qui s'exercent au détriment des droits du peuple palestinien.

« Nous appelons aujourd'hui le gouvernement d'Israël à veiller à ce que les auteurs de violations soient tenus pour responsables de leurs actes, à mettre fin à l'impunité et à faire rendre la justice pour toutes les victimes », a exhorté Asma Jahangir, membre de la mission.

D'après le rapport, Israël commet de graves violations du droit à l'autodétermination et du droit humanitaire. Il souligne aussi que le Statut de Rome donne juridiction à la Cour pénale internationale (CPI) sur le transfert de populations dans les territoires palestiniens occupés.

« L'ampleur des violations commises par Israël s'agissant de la dépossession de terres, des évictions, des démolitions de logement et des expulsions de Palestiniens confirment le caractère généralisé de ces violations. La violence et l'intimidation à l'encontre des Palestiniens est motivée par le désir de chasser les populations locales de leurs terres, permettant ainsi l'expansion des colonies de peuplement », estime Unity Dow, également membre de cette mission.

Le rapport indique par ailleurs que les entités privées ont aussi permis et facilité la construction des colonies de peuplement, autant directement qu'indirectement, et en ont tiré profit.

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