Syrie : Ban déçu par le discours du Président Al-Assad, «qui ne contribue pas à une solution politique au conflit»

7 janvier 2013

Le Secrétaire général de l'ONU s'est déclaré lundi déçu par le discours prononcé hier par le Président syrien, Bachar Al-Assad, qui ne contribue pas selon lui à « une solution qui pourrait mettre fin aux terribles souffrances » de son peuple.

Pour Ban Ki-moon, ce discours « rejette l'élément le plus important du Communiqué de Genève du 30 juin 2012, qui est la transition politique et la mise en place d'un organe de gouvernement doté des pleins pouvoirs exécutifs et composé de représentants de tous les Syriens », indique la déclaration transmise par son porte-parole.

Celle-ci réaffirme aussi la position de longue date du Secrétaire général, « selon laquelle il n'y a pas de solution militaire possible au conflit en Syrie ». M. Ban et le Représentant spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, ont travaillé et continueront d'œuvrer en vue d'une solution politique à ce conflit, qui passe par une transition politique comprenant l'établissement d'un gouvernement de transition et la tenue d'élections libres et justes sous les auspices de l'ONU, est-il précisé.

Le conflit syrien aurait fait au moins 60.000 morts depuis le début des hostilités entre forces gouvernementales et groupes d'opposition, en mars 2011. Selon l'ONU, la situation humanitaire dans le pays et la région ne cesse d'empirer, avec désormais deux millions de personnes déplacées à l'intérieur des frontières et plus de 540.000 réfugiés dans les pays voisins. Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a récemment prévenu que ce dernier chiffre devrait doubler d'ici à juin 2013. On estime au total à cinq millions le nombre de Syriens en détresse, dont la moitié sont des enfants.

Les Nations Unies, ajoute le porte-parole, demeurent engagées à faire tout leur possible afin d'alléger les souffrances du peuple syrien aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Syrie et de l'aider à réaliser « ses aspirations légitimes en faveur de la paix, de la dignité, de la liberté, de la justice et de la démocratie, au sein d'une Syrie unie et souveraine »

« Maintenant plus que jamais, il est singulièrement urgent que la communauté internationale s'unisse pour aider le peuple syrien à bâtir, aussi rapidement que possible au cours de l'année 2013, une Syrie nouvelle et démocratique, où les droits de tous les groupes et minorités soient correctement protégés. »

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« Je suis incapable de voir une issue en dehors des deux possibilités suivantes : soit une solution politique qui réponde à leurs aspirations légitimes est acceptée de tous les Syriens, soit la Syrie se transforme en enfer », a déclaré dimanche le Représentant spécial conjoint pour les Nations Unies et la Ligue des États arabes pour la Syrie, Lakhdar Brahimi.