Le Niger appelle à une intervention militaire internationale dans le nord du Mali

27 septembre 2012

Le Ministre des affaires étrangères du Niger, Mohamed Bazoum, a appelé mercredi le Conseil de sécurité de l'ONU à autoriser une intervention militaire internationale dans le nord du Mali voisin, tombé aux mains de groupes armés liés à Al Qaeda.

La situation au Mali « constitue une grave menace pour la sécurité et la stabilité des pays membres de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest) ainsi que des pays dits du champ » (Niger, Mali, Algérie, Mauritanie), a affirmé le Ministre devant l'Assemblée générale des Nations Unies.

« Les djihadistes qui ont mis le Nord-Mali sous coupe réglée, détruisant le patrimoine historique de Tombouctou, tranchant des mains, imposant la burqa aux femmes, ont pour ambition la conquête de toute l'Afrique de l'ouest et du Maghreb », a affirmé M. Bazoum. S'ils ne sont pas arrêtés, « ils s'attaqueront immédiatement à l'Europe et au monde entier », a-t-il averti.

« La menace est donc mondiale. La riposte doit tout aussi être mondiale. Elle doit être immédiate et ne souffre d'aucune tergiversation », a insisté le Ministre. Par conséquent, selon lui, la communauté internationale, en particulier le Conseil de sécurité, se doit « de prendre en charge sans tarder la crise malienne en vue de restaurer un Mali uni, démocratique et laïc ». Un « concept opérationnel d'opération militaire doit pouvoir être mis au point » dans le cadre d'une coalition impliquant des éléments des pays de la CEDEAO, ainsi que des pays du champ et d'autres pays africains qui le souhaitent, a-t-il précisé.

M. Bazoum a.par ailleurs condamné les caricatures et films injurieux à l'endroit de l'Islam qui ont servi de détonateur aux violences de ces derniers jours dans les pays musulmans. Il a également condamné l'attaque meurtrière perpétrée contre le consulat américain de Benghazi, en Libye.

Le Ministre nigérien a estimé que l'anticipation était le meilleur moyen pacifique de prévenir les conflits et différends internationaux. Pour ce faire, des mécanismes de régulation de l'économie mondiale doivent être mis en place avec pour objectif, entre autres, la fin de l'hégémonie du capital financier et de l'échange inégal. M. Bazoum a estimé que la fin de l'hégémonie du capital financier permettrait d'orienter les ressources financières disponibles, non pas vers la spéculation, mais vers des investissements dans l'économie réelle tandis que la fin de l'échange inégal permettrait aux pays producteurs de matières premières, comme le Niger, d'en tirer meilleur profit. Si un pays comme le Niger obtenait le juste prix de ses matières premières et parvenait à asseoir un réel contrôle sur leur exploitation, la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement d'ici à 2015 serait à sa portée, a-t-il affirmé.

Pour y parvenir, a-t-il rappelé, le Niger a mis en place le Programme pour la renaissance du Niger, le Plan de développement économique et social 2012-2015 (PDES) et l'Initiative 3N qui a pour slogan « Les Nigériens nourrissent les Nigériens ». Le Niger convie d'ailleurs ses amis à une réunion à Paris les 13 et 14 novembre prochain pour débattre du financement du PDES.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

Mali : Ban Ki-moon demande aux rebelles de mettre fin à la violence

Le Secrétaire général Ban Ki-moon s'est joint au Conseil de sécurité pour demander aux rebelles au nord du Mali de mettre fin à la violence et de s'engager dans la recherche d'une solution pacifique.