Syrie : sur fonds de crise humanitaire, une commission d'enquête conclut à des crimes de guerre

15 août 2012

La Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires, Valerie Amos, est arrivée mardi à Damas, en Syrie, pour une mission de trois jours visant à évaluer l'impact humanitaire du conflit dans ce pays, tandis qu'à Genève, une Commission conclut à des crimes contre l'humanité commis par le gouvernement syrien et les forces d'opposition.

La Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires, Valerie Amos, est arrivée mardi à Damas, en Syrie, pour une mission de trois jours visant à évaluer l'impact humanitaire du conflit dans ce pays, tandis qu'à Genève, une Commission a conclu à des crimes contre l'humanité commis par les deux parties.

Dès le premier jour, Mme Amos, qui est également la Coordinatrice des secours d'urgence, s'est rendue dans plusieurs écoles du quartier de Zahera, à Damas, qui accueille de nombreux déplacés. Selon le gouvernement syrien, 1,2 million de personnes auraient été contraintes de quitter leurs foyers et de chercher refuge dans des établissements publics ou chez des familles d'accueil.

« Les personnes que j'ai rencontrées aujourd'hui m'ont confié avoir besoin d'eau potable, de systèmes d'assainissement, de soins médicaux et de vivres. Les gens vivent dans la peur et sont privés de logement, dans un besoin désespéré d'aide et de soutien », a déclaré Mme Amos dans un communiqué de presse.

Lors d'un entretien avec le Premier ministre syrien, Wael Nader al-Halqi, la Secrétaire général adjointe a souligné la primauté des principes de neutralité et d'indépendance du travail humanitaire, qui doit permettre aux personnels sur le terrain d'avoir accès à toutes les personnes touchées par le conflit. Elle a appelé toutes les parties prenantes à respecter le droit humanitaire international, notamment en protégeant les civils.

Mme Amos a également rencontré des représentants du Croissant rouge arabe syrien, saluant « son personnel et ses volontaires courageux qui continuent d'effectuer quotidiennement le travail humanitaire malgré les difficultés et les dangers ».

Parallèlement, la Commission d'enquête internationale indépendante de l'ONU sur la Syrie, mandatée par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, a publié mercredi son rapport, dans lequel il est affirmé que le gouvernement syrien et les forces d'opposition ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.

Parmi ces crimes, le rapport cite des assassinats extrajudiciaires, des actes de torture et des violations graves des droits de l'homme, perpétrés à la fois par les forces du gouvernement et celles de l'opposition.

La Commission d'enquête conclut que la situation dans le pays s'est fortement dégradée depuis six mois, suite à l'emploi de tactiques et de moyens de plus en plus brutaux dans le cadre du conflit.

Le rapport revient notamment sur l'incident du 25 mai dans le village de Houla, où des forces gouvernementales alliées aux milices connues sous le nom de « Shabiha » ont commis des atrocités contre des civils, notamment plus de 100 meurtres dont près de la moitié des victimes étaient des enfants.

Si le rapport fait état de crimes commis par les forces d'opposition, dont des meurtres et des actes de torture, la Commission d'enquête précise que les crimes commis par les autorités sont pires, en raison de leur fréquence et de leur ampleur.

La Commission, qui base ses conclusions sur les témoignages de 1.062 individus collectés depuis le 15 février 2012, rappelle la nécessité de parvenir à un consensus international afin de préparer le terrain à une transition politique en Syrie qui reflète les aspirations légitimes du peuple syrien.

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