Le Conseil de sécurité attend les propositions pour une force régionale de stabilisation au Mali

13 août 2012

Les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies ont condamné vendredi soir les graves atteintes aux droits de l'homme au Mali et la destruction en cours des sites maliens inscrits au patrimoine mondial. Dans ce contexte, il a encouragé les pays et les organisations de la région à « préparer des propositions détaillées pour le déploiement d'une force de stabilisation dans ce pays ».

Dans une déclaration à la presse lue par le Représentant permanent de la France et Président du Conseil de sécurité pour le mois d'août, Gérard Araud, les 15 membres du Conseil encouragent la Communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) à formuler « les objectifs, les moyens et les modalités du déploiement envisagé» de la force régionale.

Saluant les efforts de planification stratégique en cours, ils encouragent également une coopération accrue de la CEDEAO avec les autorités maliennes de transition, la Commission de l'Union africaine, et les pays de la région, avec le soutien du Secrétaire général.

Le Conseil, a souligné le Président, prend note de la conférence de planification qui doit se tenir du 9 au 13 août 2012 à Bamako avec la participation de la CEDEAO, de l'Union africaine, de l'ONU, de l'Union européenne et d'autres partenaires et demande à la CEDEAO à faire en sorte que le gouvernement malien clarifie sa position, en reconnaissant son importance.

En janvier dernier, des combats entre les forces gouvernementales et les rebelles touaregs avaient repris dans le nord du pays. L'instabilité et l'insécurité qui en ont résulté, ainsi que la prolifération des groupes armés dans la région au lendemain d'un coup d'état en mars, ont conduit plus de 250.000 Maliens à se réfugier dans les pays voisins. Le nombre de déplacés internes est estimé à 174.000.

Les objectifs principaux de la force proposée de la CEDEAO devraient être de soutenir le processus politique au Mali afin de rétablir l'ordre constitutionnel, réorganiser les forces de sécurité et l'armée, défendre l'intégrité territoriale du pays et lutter contre le terrorisme, précise la déclaration.

Le Conseil, a indiqué M. Araud, salue le retour à Bamako du président par intérim du Mali, Dioncounda Traoré. Ses membres encouragent la désignation rapide d' « un gouvernement d'union nationale inclusif, la poursuite des efforts pour consolider les institutions de la République du Mali et la tenue d'élections dans les plus brefs délais. »

Le Conseil de sécurité appelle les autorités de transition du Mali à assurer le rétablissement intégral et la préservation de l'ordre constitutionnel, y compris par un contrôle effectif du pouvoir civil sur les forces armées et de sécurité. Il exige que les membres du « Conseil National pour le Redressement de la Démocratie et la Restauration de l'Etat » (CNRDRE) « cessent leur ingérence persistante dans le processus politique », réaffirmant que ce groupe devait être dissout. Ils ont en outre appelé tous les membres des forces armées maliennes à retourner dans leurs casernes et à s'abstenir de toute ingérence dans les affaires politiques et dans le travail des autorités de transition, a déclaré M. Araud.

Enfin, a-t-il ajouté, les membres du Conseil attendent avec intérêt d'être informés, « d'ici le 15 septembre 2012 », des progrès accomplis par le Secrétaire général dans l'élaboration et la mise en œuvre d'une « stratégie intégrée des Nations Unies pour la région du Sahel » englobant les questions de sécurité, de gouvernance, de développement, des droits de l'homme et les questions humanitaires.

 

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