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La situation en Syrie en tête des priorités du Conseil de sécurité pour le mois d'août

Le Président du Conseil de sécurité pour le mois d’août 2012et Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, Gérard Araud. Photo ONU
Le Président du Conseil de sécurité pour le mois d’août 2012et Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, Gérard Araud. Photo ONU

La situation en Syrie en tête des priorités du Conseil de sécurité pour le mois d'août

Le Président du Conseil de sécurité pour le mois d'août et Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, Gérard Araud, a fait part de sa quasi-certitude, cet après-midi en conférence de presse, que le mandat de la Mission de supervision des Nations Unies en Syrie (MISNUS), qui expire le 19 août, ne serait pas renouvelé.

« Honnêtement, je pense qu'il n'y aura pas d'accord et que la Mission disparaîtra la 19 août », a-t-il affirmé. « Je ne vois pas de scénario, à moins d'un changement de situation sur le terrain, qui permettrait le maintien de la Mission ».

Indiquant ne pas avoir encore reçu d'instructions officielles à ce sujet, M. Araud a expliqué que la MISNUS ne pouvait pas s'acquitter de son mandat. Il a en outre soulevé le problème de la sécurité de ses membres, soulignant qu'ils opéraient, ce qui est rare pour une force des Nations Unies, en zone de guerre.

Venu présenter aux journalistes accrédités à l'ONU le programme de travail du Conseil de sécurité pour le mois d'août, l'Ambassadeur Araud a axé une grande partie de son intervention sur la Syrie, quelques heures après l'annonce de la démission de l'Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes pour la crise dans ce pays, Kofi Annan.

Adoptée le 20 juillet dernier, la résolution 2059 prorogeait le mandat de la MISNUS « pour une période finale de 30 jours », jusqu'au 19 août. Des consultations sont prévues le 16, a précisé le Président, qui a prévenu des risques d'affrontements entre ceux qui pensent que la Mission doit cesser et ceux qui souhaitent en proroger le mandat. Il faudra, à cet égard, mettre aux voix le texte d'une nouvelle résolution, a-t-il rappelé.

Face à des « divisions très profondes et irréconciliables en termes politiques », qui confirment le « blocage » du Conseil de sécurité sur la situation en Syrie, la France, a-t-il annoncé, a l'intention d'orienter le débat sur les questions humanitaires. Après un triple veto sino-russe, « le Conseil de sécurité est définitivement impuissant sur ce sujet, mais nous voudrions au moins prouver qu'il peut réagir dans le domaine humanitaire », a plaidé Gérard Araud.

Dans ce contexte, la France explore les moyens d'organiser une réunion ministérielle sur la crise humanitaire, alors que trois millions de Syriens nécessitent une aide et que les autorités ne ménagent pas d'accès aux organisations humanitaires, à l'exception du Croissant Rouge syrien, qui est débordé de travail. Cette réunion devrait avoir lieu à la fin du mois, même si aucune date n'a encore été arrêtée.

Au nombre des autres échéances ce mois-ci, le renouvellement du mandat de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), « qui ne devrait pas poser de problème particulier », ainsi que la fin de la période de transition en Somalie, qui prend fin le 30 août. Des consultations à ce sujet sont prévues le 28. Enfin, le Secrétaire général en personne viendra faire mercredi prochain au Conseil un exposé sur le thème de la paix et de la sécurité en Afrique, au cours duquel la situation au Mali devrait être longuement évoquée, a précisé le Président.