Un expert de l'ONU plaide pour un traité sur le commerce des armes plus restrictif

L’expert indépendant des Nations Unies sur la promotion d’un ordre international démocratique et équitable, Alfred de Zayas.
Kristof Berking.
L’expert indépendant des Nations Unies sur la promotion d’un ordre international démocratique et équitable, Alfred de Zayas.

Un expert de l'ONU plaide pour un traité sur le commerce des armes plus restrictif

L'expert indépendant des Nations Unies sur la promotion d'un ordre international démocratique et équitable, Alfred de Zayas, a exhorté vendredi les États membres qui négocient actuellement le premier traité contraignant sur le commerce des armes, à saisir l'occasion pour limiter et réguler ce commerce et ce, afin d'empêcher les violations des droits de l'homme.

« Le moment est venu de mettre en place un traité robuste et applicable pour limiter et réguler le commerce des armes. La paix dans le monde est menacée non seulement par des armes de destruction massive, mais aussi par des armes conventionnelles qui ont servi à perpétrer d'innombrables violations des droits de l'homme, y compris du droit à la vie et à l'intégrité physique. Un traité solide peut contribuer considérablement à la paix, la sécurité et la stabilité internationales et régionales », a déclaré M. de Zayas dans un communiqué de presse.

M. de Zayas a salué les efforts des États pour tenter de se mettre d'accord sur des règles contraignantes. Il a précisé que l'instrument devait répondre aux plus hautes normes internationales et l'un des objectifs majeurs être d'empêcher que les armes ne tombent entre de mauvaises mains.

« Le texte à l'étude à ce stade offre trop de latitude aux États s'agissant de l'autorisation donnée à un contrat de vente d'armes. Ceux-ci doivent redoubler d'efforts pour assurer que des armes et des munitions ne finissent pas dans des pays où elles pourraient être utilisées pour commettre des violations du droit humanitaire et des droits de l'homme », a souligné M. de Zayas. « La proposition actuelle fait uniquement allusion aux exportations ».

Les armes aboutissent fréquemment entre les mains d'individus qui les utilisent contre des civils. Les États doivent prendre les mesures nécessaires pour assurer que le traité reconnait la prolifération des armes et de leurs munitions comme un risque de violence contre des personnes innocentes.

« La responsabilité de suivre et contrôler la mise en œuvre du traité reste un autre défi important à relever. Le but ultime doit être de réduire de façon significative la production d'armes, qui représente un gaspillage de ressources et continue d'alimenter les conflits à travers le monde », a ajouté l'expert indépendant de l'ONU.