L'ONU demande aux Émirats arabes unis de garantir la protection des militants des droits de l'homme

Rupert Colville, porte-parole du Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH). Photo ONU/Jean-Marc Ferré
Rupert Colville, porte-parole du Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH). Photo ONU/Jean-Marc Ferré

L'ONU demande aux Émirats arabes unis de garantir la protection des militants des droits de l'homme

Les Nations Unies ont lancé aujourd'hui un appel aux Émirats arabes unis pour qu'ils garantissent la protection des militants des droits de l'homme, à la suite d'informations en provenance de ce pays faisant état de cas de harcèlement, d'arrestations arbitraires ou encore d'expulsion du territoire.

« Nous sommes préoccupés par ce qui s'apparente aux Émirats à une répression de plus en plus sévère, sous forme de harcèlements, d'interdictions de voyager, de licenciements soudains, d'arrestations, de dénaturalisations et d'expulsions », a déclaré en conférence de presse à Genève le porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, Rupert Colville.

« Nous appelons le gouvernement à garantir aux défenseurs des droits de l'homme la possibilité de mener leurs activités à l'abri de représailles et l'exhortons à libérer toux ceux qui sont actuellement détenus pour avoir exercé leurs droits humains fondamentaux », a-t-il ajouté.

Hier, un activiste de premier plan, Ahmed Abdul Khaleq, a été déporté en Thaïlande. M. Khaleq avait été reconnu coupable, aux côtés de quatre autres militants, d'« insultes publiques » envers des personnalités du gouvernement, avant de bénéficier d'une grâce présidentielle. Il avait de nouveau été incarcéré au mois de mai.

M. Abdul Khaleq s'est entretenu avec le personnel du Haut Commissariat à Bangkok, auquel il a expliqué qu'il n'a jamais été informé des raisons de sa seconde détention, ni présenté devant un juge. M. Colville a relevé que cette affaire était particulièrement préoccupante, dans la mesure où M. Khaleq, déchu de sa nationalité, est désormais apatride, ce qui le place dans une situation particulièrement vulnérable.

En outre, la nuit dernière, Mohamad Al Roken, un autre défenseur des droits de l'homme et chef de l'Union des juristes des Émirats arabes unis, a été emprisonné avec son fils et son beau-frère.

« Il semblerait que l'argument de la sécurité nationale soit de plus en plus souvent invoqué comme prétexte pour lutter contre l'activisme pacifique et pour étouffer les appels à une réforme constitutionnelle et sur des questions essentielles comme l'apatridie », a relevé M. Colville. « Nombreux sont les militants ouvertement critiques du gouvernement à avoir été temporairement privés de leur nationalité. »