OCHA : la réponse humanitaire en Syrie fait face à une dangereuse pénurie de fonds

John Ging, Directeur des opérations d'OCHA. Photo ONU/Jean-Marc Ferré
John Ging, Directeur des opérations d'OCHA. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

OCHA : la réponse humanitaire en Syrie fait face à une dangereuse pénurie de fonds

La réponse humanitaire en Syrie fait face à une dangereuse pénurie de fonds, a affirmé lundi un responsable des Nations Unies, appelant la communauté des donateurs à renforcer leurs contributions pour permettre de venir en aide aux populations en détresse dans ce pays et aux déplacés que le conflit a provoqué dans la région.

« Si nous ne recevons pas plus d'argent, les gens mourront et les souffrances s'aggraveront. Les besoins continueront de croître aussi longtemps que le conflit se poursuivra – c'est la triste et simple vérité », a assuré John Ging, le Directeur de la Division de la coordination et des interventions du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

À ce jour, l'appel humanitaire lancé par les Nations Unies pour répondre à la crise en Syrie, d'un montant de 189 millions de dollars, n'a été financé qu'à hauteur de 20%. Celui lancé en faveur de la Turquie, du Liban, de la Jordanie et de l'Iraq, pays limitrophes où se sont réfugiés de nombreux Syriens, et qui était d'un montant de 193 millions de dollars, n'est également été financé qu'à hauteur de 20%.

« Le financement est la priorité numéro un pour envisager une action humanitaire d'ampleur dans un environnement aussi difficile et dangereux. Cela vaut pour la situation en Syrie comme pour celle des réfugiés dans la région », a expliqué M. Ging aux journalistes à l'issue de la quatrième réunion du Forum humanitaire syrien, qui vient de se dérouler à Genève.

Ce forum rassemblait 350 participants, dont des représentants d'États Membres, des organisations régionales, des organisations non gouvernementales et des agences humanitaires des Nations Unies. L'objectif était de mobiliser les ressources nécessaires à la fourniture d'une assistance à des centaines de milliers de réfugiés déracinés par le conflit.

« Nous sommes réunis aujourd'hui par l'escalade des violences, dont l'impact humain et humanitaire est dévastateur », a constaté John Ging, qui a rappelé que l'insécurité constitue un obstacle majeur à la pleine mise en œuvre du plan de réponse humanitaire.

Notant le renforcement significatif de l'assistance au cours du mois écoulé, qui a permis de faire passer le nombre de bénéficiaires de l'aide de 500.000 à 850.000 ; le Directeur a toutefois reconnu que la situation ne cessait de se détériorer. Il a donc appelé la communauté des donateurs à relever le niveau de ses contributions.

« Nous devons nous préparer, tristement, à une demande de plus en plus importante à mesure que le conflit se poursuit, en gardant à l'esprit la douleur du peuple syrien », a-t-il mis en garde.

Sur le plan politique, l'Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes pour la crise en Syrie, Kofi Annan, est arrivé hier à Moscou pour deux journées de pourparlers avec le Président russe, Vladimir Poutine, et son Ministère des affaires étrangères, Sergey Lavrov.

M. Annan a lancé des appels répétés aux parties syriennes pour qu'elles respectent les dispositions du plan de paix en six points, qu'il a présenté en mars dernier pour mettre fin au conflit. Ce plan appelle à la fin des violences, à l'ouverture d'un accès aux agences humanitaires, à la libération des détenus, au début d'un dialogue politique inclusif qui prenne en compte les aspirations du peuple syrien, ainsi qu'à un accès sans entrave pour les médias internationaux et au respect des libertés civiques de tous les Syriens.