Navi Pillay appelle à la retenue les autorités du Soudan à la veille des manifestations de vendredi

28 juin 2012

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a appelé les autorités du Soudan à veiller à ce que les manifestations prévues vendredi dans ce pays se déroulent pacifiquement, contrairement à celles de ces deux dernières semaines qui ont été marquées par l'intervention musclée des forces de sécurité et des arrestations de masse.

« Des dizaines de personnes, notamment des militants des droits de l'homme, des journalistes, des étudiants et des opposants politiques, ont été arrêtés depuis le début des manifestations à Khartoum le 17 juin dernier », a relevé Mme Pillay.

J'exhorte le gouvernement à libérer immédiatement et sans conditions tous ceux qui sont actuellement détenus pour avoir simplement exercé leurs droits à la libre expression et au rassemblement. Les informations faisant état de mauvais traitements sont très préoccupantes et doivent faire l'objet d'une enquête dans les meilleurs délais », a-t-elle ajouté.

Certains des individus arrêtés pendant les manifestations ont été relâchés manifestement après avoir été contraints de signer un document par lequel ils se sont engagés à ne plus prendre part à des « émeutes ». Il semblerait également que certains des manifestants blessés aient été arrêtés directement dans des hôpitaux et placés en détention.

« Les gaz lacrymogènes, les balles caoutchoutées, les munitions réelles et le recours plus général à la manière forte ne résoudront pas les frustrations et les doléances ressenties par la population pour exercer leurs droits économiques, sociaux, civiques et politiques », a déclaré la Haut Commissaire.

« Un dialogue sincère avec les critiques du gouvernement soudanais serait bien plus productif que des détentions arbitraires et des violences pour faciliter la création d'une société stable et à succès », a-elle estimé.

Mme Pillay a rappelé au gouvernement l'obligation qui est la sienne en vertu du droit international à respecter les droits humains fondamentaux que sont la libre expression et la liberté de rassemblement. Elle a également exhorté les manifestants à ne pas faire usage de la violence et à s'abstenir de toute déprédation.

 

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