Une experte de l'ONU lance un plaidoyer en faveur de l'égalité au Timor-Leste

21 juin 2012

Lors de la présentation de son dernier rapport sur le Timor-Leste au Conseil des droits de l'homme à Genève, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur l'extrême pauvreté et les droits humains, Magdalena Sepulveda, a rappelé jeudi que le défi majeur de ce pays est d'assurer une croissance durable, inclusive et équitable.

Mme Sepulveda a salué les progrès accomplis dans le domaine de la création des institutions de l'Etat et du développement après seulement dix ans d'indépendance tout en mettant en garde contre les inégalités croissantes et une pauvreté enracinée qui se cachent derrière les indicateurs de croissance macroéconomiques.

Malgré l'un des taux de croissance les plus élevés de la région Asie-pacifique, à mettre sur le compte d'abondantes ressources en pétrole et en gaz, 40% de la population timoraise vit en-dessous du seuil de pauvreté et le pays a un taux de malnutrition infantile parmi les plus élevés au monde.

« Je salue l'augmentation des allocations budgétaires pour les services sociaux, notamment dans les domaines de la santé et de l'éducation, qui ont été adoptés suite à la visite que j'ai effectuée dans le pays. Cependant, je reste préoccupée par le fait que les allocations en faveur des infrastructures physiques sont disproportionnellement élevées par rapport à celles allouées aux services de santé et à l'éducation », a déclaré Mme Sepulveda.

La réforme des régimes fonciers reste également un sujet compliqué au Timor-Leste, qui affecte souvent les personnes les plus démunies, en particulier dans leur accès aux terres, aux moyens de subsistance et à l'habitat. Mme Sepulveda adonc exhorté le gouvernement à se doter un cadre juridique clair et stable pour l'attribution des terres, qui respecte les normes des droits humains internationaux.

Le Timor-Leste est un pays doté d'une riche diversité linguistique, qui est une source de fierté mais représente également un défi, selon l'experte, qui a demandé au gouvernement de veiller à ce que le fait de ne pas parler l'une des langues officielles du pays ne constitue pas un obstacle à la possibilité des individus de jouir pleinement de leurs droits, notamment ceux qui garantissent leur accès à la justice, à l'éducation et à l'information.

 

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