Un expert de l'ONU appelle la Côte d'Ivoire à se réengager en faveur de la réconciliation

L'expert indépendant de l'ONU, Doudou Diène (au centre), lors d'une visite en Côte d'Ivoire en novembre 2011. Photo ONU/Basile Zoma
L'expert indépendant de l'ONU, Doudou Diène (au centre), lors d'une visite en Côte d'Ivoire en novembre 2011. Photo ONU/Basile Zoma

Un expert de l'ONU appelle la Côte d'Ivoire à se réengager en faveur de la réconciliation

Un expert indépendant des Nations Unies a exhorté mercredi les Ivoiriens et la communauté internationale à soutenir le processus de réconciliation nationale, après l'attaque qui a provoqué, vendredi dernier dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire, la mort de sept Casques bleus, huit civils et un soldat ivoirien.

Selon des informations préliminaires, les Casques bleus de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) sont tombés dans une embuscade près de la ville de Tai, tendue pas des éléments armés non identifiés. Les hommes faisaient partie d'une patrouille déployée dans une zone où la mission a récemment renforcé sa présence suite à des menaces d'attaques contre les populations civiles. Cet acte a provoqué le déplacement d'un millier de personnes, ainsi qu'un afflux de réfugiés au Libéria voisin.

« Cette attaque constitue, de par sa gravité et le nombre des victimes qu'elle a faites, un défi majeur à l'ensemble du peuple ivoirien et à la communauté internationale » a estimé dans un communiqué de presse Doudou Diène, chargé de faire rapport sur la situation des droits de l'homme en Côte d'Ivoire.

«En dépit d'u profond sentiment d'insécurité qu'inspire cette attaque, le peuple ivoirien devrait y répondre en se montrant déterminé à poursuivre le processus de réconciliation nationale et de pluralisme démocratique, le renforcement de l'impartialité de la justice et le redressement économique et social du pays».

« Les autorités ivoiriennes et libériennes doivent maintenant coopérer afin de prévenir les raids et attaques transfrontalières sur les populations et mener des enquêtes pour identifier, arrêter et juger les auteurs présumés de tels actes » a-t-il ajouté.

En mars 2012, dans son rapport au Conseil des droits de l'homme, M. Diène avait expliqué que la plupart des violations des droits de l'homme sont moins à mettre sur le compte d'une quelconque complicité de l'État que de son échec à les prévenir, en raison notamment des difficultés rencontrées pour réformer le secteur de la sécurité et restaurer l'autorité de l'État sur l'ensemble du territoire.

« J'appelle la communauté internationale à hâter la levée des sanctions imposées à la Côte d'Ivoire pour permettre au gouvernement de ce pays d'apporter une réponse proportionnée aux menaces qui pèsent contre les populations civiles, conformément à son engagement de faire respecter les droits de l'homme dans le pays », a ajouté M. Diène.