PNUD et Union européenne : l'exclusion des Roms persiste en Europe

24 mai 2012

Selon un nouveau rapport publié jeudi par l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne (UE) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), de nombreux Roms continuent à faire l'objet de discriminations et d'exclusion sociale dans l'ensemble de l'Union.

La situation des Roms est généralement moins bonne que celle des non-Roms

vivant à proximité. Le rapport est basé sur deux enquêtes sur la situation socioéconomique des Roms et des non-Roms vivant dans des environnements proches dans 11 États membres de l'Union et dans des pays européens voisins.

« Les résultats de ces enquêtes dressent un sombre tableau de la situation actuelle des Roms dans l'ensemble des 11 pays de l'UE concernés », a déclaré le Directeur de l'Agence, Morten Kjaerum, dans un communiqué de presse.

« Les discriminations et l'anti-tsiganisme persistent. Les résultats révèlent qu'une action rapide et efficace est nécessaire, notamment pour améliorer l'éducation des Roms. Cet élément est essentiel pour leur permettre de réaliser leur potentiel et donner aux jeunes Roms les compétences dont ils ont besoin pour échapper au cercle vicieux de la discrimination, de l'exclusion et de la pauvreté », a-t-il ajouté.

Le rapport révèle que dans les 11 États membres de l'UE étudiés, où vit l'écrasante majorité des roms de l'UE, la situation de cette communauté dans les domaines de l'emploi, de l'éducation, du logement et de la santé est en moyenne moins bonne que celle des non-Roms vivant à proximité. Les Roms continuent de subir des discriminations et ne sont pas suffisamment conscients des droits qui leur sont garantis par la législation européenne.

Parmi les principaux constats du rapport, les auteurs relèvent que seulement 15 % des jeunes Roms adultes interrogés ont achevé un enseignement secondaire supérieur, général ou professionnel, contre plus de 70 % de la population majoritaire vivant dans un environnement proche. En moyenne, moins de 30 % des Roms interrogés ont un emploi salarié et environ 40 % des Roms interrogés vivent dans un ménage dont un membre s'est privé de manger au moins un jour au cours du mois écoulé faute de moyens.

« Le partenariat constitué par quatre organisations internationales (la FRA, le PNUD, la Banque mondiale et la Commission européenne) dans le cadre de cette étude adresse un message fort : les difficultés rencontrées par la population rom sont d'une telle gravité qu'elles exigent une réaction concertée. Cette publication montre qu'une telle approche commune et concertée est possible et qu'elle donne des résultats », a affirmé Andrey Ivanov, Haut conseiller politique du PNUD chargé du développement humain et de l'inclusion des Roms.

 

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