FAO : le manque de fonds menace des millions de personnes en Afrique

10 mai 2012

Le Directeur général de la l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), José Graziano da Silva, s'est dit alarmé jeudi par le manque important de financement pour les activités planifiées par la FAO au Sahel et dans la Corne de l'Afrique.

S'adressant au Forum Nueva Economía (Forum économique international), à Madrid, il a souligné que bien qu'il existe « une convergence croissante » entre les mesures de relance de la sécurité alimentaire et du développement, le manque de financement reste un problème de taille.

Il a notamment insisté sur les conséquences dramatiques de ce déficit de financement pour les activités planifiées par la FAO dans la Corne de l'Afrique et le Sahel. Dans la Corne de l'Afrique, il a averti que l'opportunité de consolider les récentes avancées était en passe d'être compromise. Ces dernières avaient permis de surmonter la famine l'an dernier en Somalie, en renforçant la capacité des familles de résister à la sécheresse.

« La relance de la sécurité alimentaire permettrait de concilier les actions d'urgence avec le soutien à l'agriculture familiale et à la petite production, de promouvoir des initiatives de développement à long terme, et d'atténuer les vulnérabilités face aux phénomènes extrêmes », a déclaré M. da Silva.

« La lutte contre la faim est un défi trop grand pour que la FAO ou un gouvernement à lui-seul puissent le relever. Il faut faire intervenir la société civile, le secteur privé, les organismes internationaux, les gouvernements des pays en développement et les pays avancés. C'est pourquoi nous avons ouvert les portes de la FAO à de nouveaux partenaires avec lesquels nous partageons un ensemble de principes communs », a-t-il ajouté, en constatant qu'un être humain sur sept est victime de sous-alimentation chronique dans le monde.

M. da Silva, qui est actuellement en visite officielle à Madrid, a déclaré qu'il reste convaincu que l'Espagne continuera d'être un allié stratégique de la lutte contre la faim.

« La fondation de cette alliance ne se base pas seulement sur la contribution financière, mais sur la conviction partagée qu'un monde sans faim est possible, que le développement peut et doit être durable, que les pays peuvent bénéficier mutuellement des expériences des autres, que le multilatéralisme est la voie qu'il faut emprunter pour atteindre nos objectifs, et que le progrès des pays vulnérables profite également aux pays développés », a-t-il dit.

Le Directeur général a pris part, hier, à la première édition des Prix FAO-Espagne qui récompensent les actions contre la faim dans le monde.

 

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