Annan : La mission de l'ONU doit stabiliser la Syrie pour éviter la guerre civile

L'Envoyé spécial conjoint de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Kofi Annan.
ONU/V. Martin
L'Envoyé spécial conjoint de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Kofi Annan.

Annan : La mission de l'ONU doit stabiliser la Syrie pour éviter la guerre civile

L'Envoyé spécial conjoint, Kofi Annan, a fait savoir mardi que les niveaux de violence en Syrie continuaient d'être inacceptables, et que la Mission de supervision de l'ONU représentait probablement la seule chance de rétablir la stabilité, alors que les risques d'une « guerre civile » restent importants.

L'Envoyé spécial conjoint de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Kofi Annan, a fait savoir mardi que les niveaux de violence et de violations des droits de l'homme dans le pays continuaient d'être inacceptables, et que la Mission de supervision des Nations Unies en Syrie représentait probablement la seule chance de rétablir la stabilité, alors que les risques d'une « guerre civile » restent importants.

Lors d'une conférence de presse à Genève, M. Annan a indiqué aux journalistes qu'il y avait eu une certaine diminution des activités militaires en Syrie, mais que la violence persistait, en violation de l'accord de cessez-le-feu.

« Le niveau de violence et de violations est inacceptable », a déclaré M. Annan après avoir informé par vidéoconférence le Conseil de sécurité des avancées dans la mise en œuvre de son plan en six points pour mettre fin à la crise en Syrie.

La crise, qui a commencé en mars 2011 comme un mouvement de protestations populaires, a fait plus de 9.000 morts, la plupart civiles, et a entraîné le déplacement de dizaines de milliers de personnes. Le plan de M. Annan prévoit la fin de la violence, un accès humanitaire pour aider ceux qui en ont besoin, la libération des prisonniers politiques et le début d'un processus de dialogue politique qui prend en compte les aspirations légitimes du peuple syrien. Le plan prévoit également un accès au pays sans restrictions pour les médias internationaux.

« Les troupes et les blindés du gouvernement sont toujours déployés, même si c'est en nombres réduit. Il y a eu des épisodes de violence inquiétants de la part du gouvernement, mais nous avons aussi vu des attaques contres les forces et les installations gouvernementales. Il y a également eu une série d'attaques à la bombe particulièrement inquiétantes et je suis persuadé que cela crée une insécurité considérable pour la population civile », a souligné l'Envoyé spécial conjoint.

M. Annan a souligné que la présence des observateurs de la MISNUS avait un effet apaisant sur le terrain dans certaines situations. La MISNUS, qui a été créée en avril par le Conseil de sécurité, est composée d'observateurs non-armés déployés pour une période initiale de 90 jours, et mandatée pour suivre la cessation des violences en Syrie et soutenir la mise en œuvre du plan.

« Je pense que la Mission d'observation représente probablement la seule chance de retrouver la stabilité dans le pays. L'inquiétude quant au déclenchement d'une véritable guerre civile persiste et ses conséquences en seraient effroyables. Nous ne pouvons pas permettre que cela arrive », a mis en garde M. Annan.

« J'espère que le gouvernement et l'ensemble des éléments de l'opposition comprennent cela et qu'ils saisissent cette opportunité fragile mais réelle de rétablir le contrôle de la situation. La violence doit cesser et un processus politique crédible doit commencer », a-t-il ajouté.

Le Conseil de sécurité a également été informé à huit clos sur le déploiement des observateurs de la MISNUS par le Secrétaire général adjoint des Nations Unies chargé des opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous. Il est prévu que 300 observateurs soient présents sur le territoire syrien avant la fin du mois.

Avant d'informer le Conseil de sécurité, M. Annan a rencontré le Président de l'Assemblée générale de l'ONU, Nassir Abdulaziz Al-Nasser, avec qui il a évoqué la mise en œuvre du plan. M. Al-Nasser a souligné que le gouvernement syrien et les parties prenantes de l'opposition devaient coopérer pleinement avec l'Envoyé spécial conjoint, sans attendre, afin de restaurer la paix, la stabilité et l'unité en Syrie.