L'ONU inquiète du risque d'un retour de la violence sexuelle dans l'est de la RDC

3 mai 2012

La Représentante spéciale sur la lutte contre les violences sexuelles dans les conflits, Margot Wallström, est inquiète de la détérioration de la situation sécuritaire à l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

La Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la lutte contre les violences sexuelles dans les conflits armés, Margot Wallström, s'est dite jeudi préoccupée par la détérioration de la situation sécuritaire à l'est de la République démocratique du Congo (RDC), à la suite de combats intenses entre les forces gouvernementales, des groupes dissidents et des milices, et a mis en garde contre les risques de violence sexuelle.

« Cette situation crée des souffrances immenses pour les populations civiles, qui sont victimes de déplacement, de violations des droits de l'homme et perdent leurs biens », a dit Mme Wallström dans un communiqué de presse.

Elle a noté que la vague de violence est perpétrée par les mêmes acteurs qu'auparavant, dont le chef Maï-Maï Sheka, Ntabo Ntaberi, et le général Bosco Ntaganda, tous deux faisant l'objet de sanctions du Conseil de Sécurité de l'ONU pour des crimes divers, y compris la violence sexuelle. M. Ntaganda est également inculpé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre.

« Je suis particulièrement inquiète de la situation volatile dans de nombreux villages dans le territoire de Walikale, au Nord Kivu, qui ont été assiégés par des milices armées, parmi lesquelles les Maï-Maï Sheka. Ces villages ont été le théâtre de crimes odieux commis en juillet et août 2010, lorsqu'au minimum 387 femmes, hommes et enfants ont été la cible d'actes de violence sexuelle par ce groupe », a dit Mme Wallström.

« La protection des civils reste ainsi un défi, malgré les efforts concertés du gouvernement congolais et des Nations Unies pour sécuriser les populations vulnérables, y compris par le déploiement d'une présence policière à Luvungi, dans le territoire de Walikale, et la mise en place des Réseaux d'alertes communautaires », a-t-elle ajouté.

La Représentante spéciale a appelé toutes les parties prenantes à s'abstenir immédiatement de tout acte de violence et a demandé au gouvernement congolais de restaurer l'autorité de l'Etat et de protéger les civils de toute violence, dont la violence sexuelle.

« Les responsables des violations des droits humains doivent être traduits en justice. Je rappelle à toutes les parties au conflit que le monde suit de près la situation et que la lutte contre l'impunité se poursuivra », a souligné Mme Wallström.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a eu jeudi des consultations au cours desquelles il a entendu un exposé du Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, sur la situation dans le Nord et le Sud Kivu.

« Les membres du Conseil ont exprimé leur grave préoccupation concernant les récentes attaques par des groupes armés dans l’est de la République démocratique du Congo, notamment par des anciens éléments du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), sous la direction de Bosco Ntaganda, contre les Forces armées de la RDC (FARDC), et ont appelé à la fin immédiate de la rébellion », souligne le Conseil dans une déclaration à la presse.

Les membres du Conseil se sont également dits inquiets de l’aggravation de la situation sécuritaire et humanitaire dans la région, et notamment du nombre croissant de personnes déplacées et de réfugiés.

Ils ont réitéré leur exigence que « tous les groupes armés, notamment les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et les éléments du CNDP qui ont fait défection, cessent immédiatement toutes formes de violence, y compris la violence sexuelle, et les violations des droits humains contre la population civile en République démocratique du Congo, déposent leurs armes et se démobilisent. »

De son côté, le Sous Secrétaire général des Nations Unies aux droits de l'homme, Ivan Simonovic, effectue actuellement, du 2 au 10 mai, une visite en RDC. Cette visite est destinée à renforcer la collaboration entre le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), le nouveau gouvernement et les acteurs nationaux et internationaux, et ce, afin de promouvoir et protéger les droits de l'homme dans tout le pays.

M. Simonovic doit se rendre au Sud-Kivu, au Kasaï occidental et à Kinshasa pour s'entretenir avec les autorités congolaises, les responsables de l'opération de paix des Nations Unies en RDC (MONUSCO), les agences de l'ONU et des ONG internationales et locales.

 

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