Mali : Navi Pillay appelle à arrêter les violations des droits de l'homme

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay.
La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay.

Mali : Navi Pillay appelle à arrêter les violations des droits de l'homme

La Haut commissaire aux droits de l'homme, Navi Pillay, s'est dite préoccupée par les informations faisant état de violations des droits de l'homme au Mali, en particulier dans les zones tenues par les rebelles.

La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, s'est dite jeudi vivement préoccupée par les informations faisant état de graves violations des droits de l'homme contre la population du Mali, en particulier dans les zones du nord du pays tenues par les rebelles, et a appelé à prendre des mesures urgentes pour mettre fin à l'instabilité politique provoquée par les violences.

« Les rapports en provenance du nord du pays font état de civils tués, dépouillés, violés et forcés de fuir », a déclaré Mme Pillay dans un communiqué de presse. « Il est difficile à ce stade d'être sûr de l'ampleur des violations des droits de l'homme en cours, mais en plus des exactions sur les individus, différents groupes rebelles ont été accusés de pillages de biens privés et publics, y compris contre des hôpitaux et des centres de santé. »

Selon elle, plus l'instabilité dure, plus la situation des droits de l'homme risque de se détériorer. « Les informations reçues font également état de tensions accrues entre différents groupes ethniques, augmentant ainsi le risque de violence sectaire », a-t-elle souligné. « En outre, il semble que les femmes non voilées aient fait l'objet de menaces et d'intimidations, et que des non-musulmans dans la partie nord du pays aient été délibérément pris pour cibles et tués par des groupes religieux extrémistes. »

Navi Pillay a indiqué que des cas de violations des droits de l'homme, notamment des arrestations illégales et de mauvaises conditions de détention, ainsi que des tentatives visant à restreindre le droit à la liberté d'expression, ont été signalés dans la capitale Bamako, suite à la prise du pouvoir par des militaires, le 22 mars.

La Haut commissaire aux droits de l'homme a salué les efforts récents visant à rétablir l'ordre constitutionnel, et en particulier l'annonce de la remise du pouvoir, prévue aujourd'hui, par les responsables du coup d'Etat militaire au Président de l'Assemblée nationale désigné Président par intérim.

La situation politique reste néanmoins extrêmement tendue et fragile et Mme Pillay a exhorté les responsables du coup d'Etat à remplir leur promesse de se retirer, et appelé toutes les forces opérant au Mali à respecter le droit international humanitaire et les droits de l'homme.

Elle a noté que les actes de violence visant des civils pouvaient constituer des crimes au regard du droit international. « Ceux qui se livrent à de tels agissements doivent être tenus responsables. La Cour pénale internationale (CPI) a été établie précisément pour que des enquêtes soient menées contre les auteurs de ce genre de crimes, et pour qu'ils soient poursuivis », a-t-elle dit, en notant que le Mali est l'un des 121 États qui ont ratifié le Statut de Rome.

« L'urgence de la situation au Mali aggrave une crise humanitaire extrêmement préoccupante qui affecte déjà l'ensemble de la région du Sahel et le pays pourrait bientôt être plongé dans une crise alimentaire dévastatrice et connaître d'autres pénuries, notamment en matière d'approvisionnement médical, si les insurrections et l'insécurité persistent », a déclaré Mme Pillay.

La Haut commissaire a appelé instamment tous les acteurs à un effort concerté, y compris les organisations nationales, internationales et régionales, afin de permettre au Mali de mettre un terme aux violations de droits de l'homme et à la crise humanitaire.