Syrie : le Conseil des droits de l'homme réclame la fin de la violence

Votes au Conseil des droits de l'homme sur la résolution demandant la fin de la violence en Syrie. Photo ONU/Jean-Marc Ferré
Votes au Conseil des droits de l'homme sur la résolution demandant la fin de la violence en Syrie. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

Syrie : le Conseil des droits de l'homme réclame la fin de la violence

Le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies a adopté une résolution demandant au gouvernement syrien de cesser toute violence, de protéger son peuple et de mettre fin aux violations des droits de l'homme.

Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a adopté vendredi une résolution demandant au gouvernement syrien de cesser toute violence, de protéger son peuple et de mettre fin aux violations systématiques des droits de l’homme.

Le texte a été adopté par 41 voix pour, trois contre et deux abstentions par le Conseil des droits de l’homme qui est composé de 47 membres et est basé à Genève.

Le Conseil a vivement condamné « les violations systématiques des droits de l’homme et des libertés fondamentales commises par les autorités syriennes », ainsi que les attaques contre les civils, et notamment les violations des droits des enfants.

L’ONU estime que plus de 8.000 personnes, principalement des civils, ont été tuées et que des dizaines de milliers d’autres déplacées depuis le début du soulèvement contre le régime du Président Bachar Al-Assad il y a un an.

Le Conseil des droits de l’homme a exhorté les autorités syriennes à mettre fin immédiatement à toutes les violences et à toutes les violations des droits de l’homme. Il a demandé qu’elles respectent leur responsabilité de protéger leur population et respectent la volonté populaire et les aspirations du peuple syrien.

Dans sa résolution, le Conseil des droits de l’homme a aussi prolongé le mandat de la Commission d’enquête mise en place en septembre dernier pour enquêter sur les abus présumés en Syrie depuis mars 2011. La Commission a présenté son rapport au Conseil au début du mois. Elle y détaille des exécutions sommaires, des disparitions forcées, l’utilisation de la torture et les violations des droits des enfants par les forces de sécurité syriennes.

De son côté, l’Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des Etats arabes pour la Syrie, Kofi Annan, doit se rendre ce weekend à Moscou et à Beijing pour discuter de la crise actuelle.

L’équipe d’experts, qui s’est rendue à Damas pour discuter des moyens de mettre en oeuvre le plan en six points que l’Envoyé spécial a présenté aux autorités syriennes, a terminé sa visite après trois jours de discussions « intensives ».

Les réponses syriennes à ce plan sont désormais examinées et les négociations continuent, a précisé le porte-parole de M. Annan, Ahmad Fawzi.

Par ailleurs, les Nations Unies et leurs partenaires humanitaires ont lancé vendredi un appel de fonds d'un montant de 84 millions de dollars pour aider les réfugiés syriens en Jordanie, au Liban, en Turquie et en Iraq.

« Le Plan d'action régional pour les réfugiés syriens présente le travail à effectuer en réponse aux besoins des réfugiés syriens qui ont fui le pays depuis mars 2011, ainsi que celle à prévoir pour répondre aux besoins de futurs arrivants », a expliqué un porte-parole du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Adrian Edwards. « Ce plan est un cadre de coordination inter-institutions dirigé par le HCR. Il résulte d'efforts coordonnés entre sept agences des Nations Unies, 27 ONG et partenaires nationaux et internationaux, ainsi que les gouvernements des pays hôtes ».

Le plan est fondé sur une estimation selon laquelle, dans les six prochains mois, une assistance sera nécessaire pour environ 100.000 personnes. Les bénéficiaires concernés par ce plan sont principalement des réfugiés syriens, ainsi que des ressortissants de pays tiers. Le plan ne couvre pas la réponse aux besoins humanitaires à l'intérieur de la Syrie, qui feront l'objet d'un appel séparé, préparé par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des Affaires humanitaires (OCHA) et publié très prochainement.

Le plan comprend trois objectifs. Le premier vise à assurer que les Syriens et d'autres réfugiés ont accès aux pays voisins et à une protection internationale. Le second concerne la réponse aux besoins fondamentaux des réfugiés, avec une attention spécifique pour les plus vulnérables d'entre eux. Le troisième consiste à prendre les mesures d'urgence nécessaires en cas d'afflux à plus grande échelle.

En Jordanie, au Liban et en Turquie, un an après le début du soulèvement en Syrie, le nombre des réfugiés s'est accru et des signes de difficulté se manifestent parmi les communautés qui les hébergent. Une intensification de l'aide internationale s'impose clairement, a dit le porte-parole du HCR.

En Jordanie, plus de 6.000 Syriens ont été enregistrés auprès du HCR depuis mars 2011, et 2.500 autres attendent d'être enregistrés. Ce chiffre devrait augmenter significativement car le HCR et ses partenaires étendent la portée de leurs efforts et le niveau d'assistance aux Syriens. De nombreux réfugiés sont arrivés en ayant des ressources limitées pour couvrir leurs besoins fondamentaux. Ceux qui pouvaient initialement avoir recours à leur épargne personnelle ou à l'aide de familles d'accueil ont désormais besoin d'une assistance accrue. Des projets à impact rapide pour les communautés locales et la distribution d'articles de secours sont actuellement menés, alors que des programmes d'aide financière en espèces vont bientôt être lancés.

« Au Liban, l'enregistrement des réfugiés est mené conjointement avec les autorités. Comme en Jordanie, de nombreux réfugiés se trouvent dans une situation précaire, avec peu ou pas de ressources financières pour subvenir à leurs besoins. Le HCR et ses partenaires travaillent avec le gouvernement libanais et les autorités locales pour assurer que les besoins des réfugiés et des communautés affectées sont couverts. Plus de 16.000 réfugiés, y compris 8.000 d'entre eux enregistrés dans le nord du pays, reçoivent actuellement une aide », a dit Adrian Edwards.

En Turquie, 17.000 Syriens sont actuellement enregistrés auprès des autorités, qui ont déjà établi neuf installations pour accueillir des réfugiés, y compris 8 campements de tentes et une cité de containers aménagés en logements à Kilis pour faire face à l'afflux. Le plan identifie un besoin pour améliorer l'aide du gouvernement turc si nécessaire, alors que le gouvernement a assumé la responsabilité de porter assistance, de fournir un abri et d'assurer la protection des réfugiés dans les camps. De plus, pour les réfugiés qui étaient précédemment hébergés en Syrie, comme les réfugiés iraquiens qui vivent désormais en milieu urbain, le plan préconise une stratégie pour les enregistrer et leur venir en aide.

L'Iraq a récemment vu un nombre croissant d'arrivants syriens. Les nombres exacts sont en cours d'évaluation. Le HCR et ses partenaires ont commencé à porter assistance à ces réfugiés, en étroite coopération avec les autorités.

« Parallèlement, en Syrie, le HCR et ses partenaires continuent à porter assistance à environ 110.000 réfugiés enregistrés dans différentes régions du pays », a indiqué M. Edwards.