Ban Ki-moon rappelle le rôle primordial de l'ONU pour la sécurité mondiale

Photo ONU/Marie Frechon
Photo ONU/Marie Frechon

Ban Ki-moon rappelle le rôle primordial de l'ONU pour la sécurité mondiale

Lors d'une conférence internationale à Djakarta en Indonésie, le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a insisté mercredi sur le rôle primordial de l'ONU pour la sécurité mondiale dans un contexte de grands bouleversements depuis un an en Afrique et au Moyen-Orient.

« Depuis plus d'un an, un éventail de crises a dominé notre action », a indiqué M. Ban en revenant sur les crises en Côte d'Ivoire et en Libye où l'ONU est intervenue pour protéger les civils avec un mandat du Conseil de sécurité. Selon le Secrétaire général, la communauté internationale ne pouvait pas accepter les violations des droits de l'homme et du droit humanitaire international et des régimes répressifs ont été renversés par la volonté populaire.

« Des vies de civils ont certainement été perdues. C'est pour cela que l'utilisation de la force n'est jamais notre première priorité. Ce n'est pas notre premier choix, mais la responsabilité de protéger nous demande toujours de faire preuve de responsabilité judicieuse tout en apportant une protection », a souligné M. Ban

« Ceci dit, beaucoup de vies ont été sauvées. Des dizaines de milliers de vies ont été sauvées. Et souvenons-nous : historiquement, notre premier défaut en tant que communauté internationale a été la réticence à intervenir face à des menaces sérieuses », a-t-il ajouté.

Quant à la Syrie, qui selon M. Ban est une épreuve encore plus difficile, la question qui se pose est de savoir ce que la communauté internationale doit faire face à un gouvernement qui prend sa propre population pour cible, surtout en situation de blocage au Conseil de sécurité.

« En collaboration avec la Ligue arabe, nous avons désigné mon prédécesseur Kofi Annan en tant qu'Envoyé spécial conjoint. Alors que le Conseil de sécurité n'était pas en mesure de trouver un accord, l'Assemblée générale s'est réunie de façon extraordinaire pour désigner l'Envoyé spécial », a expliqué M. Ban.

L'ONU a désormais trois priorités absolues pour la Syrie : premièrement, arrêter immédiatement la violence, deuxièmement engager un dialogue politique inclusif et finalement apporter immédiatement une assistance humanitaire avec un accès sans restrictions.

Au delà des situations spécifiques, M. Ban a abordé la question plus large du rôle des casques bleus dans les opérations militaires autres que la guerre.

Les opérations de maintien de la paix « apportent des résultats considérables par rapport aux investissements apportés. Soixante ans d'opérations de maintien de la paix ont coûté l'équivalent de près de six semaines de dépenses militaires mondiales. Seulement six semaines. Vous pouvez donc voir la différence : l'ONU est un investissement intelligent et sage pour protéger le monde des crises », a déclaré le Secrétaire général.

La consolidation de la paix et de la stabilité est non seulement un avantage pour la sécurité des populations, mais aussi un bon moyen de faire avancer le développement. Aucun pays en proie au conflit n'a pu atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement.

« La prévention est notre fonds de commerce, la prévention des crises, qu'elles soient politiques, humanitaires ou causées par des catastrophes naturelles. Nous ne pouvons pas nous permettre de détourner le regard en temps de crise en espérant que les choses s'améliorent », a souligné le Secrétaire général.

Afin d'assurer la sécurité au niveau mondial, il faut selon M. Ban agir simultanément sur plusieurs fronts, et pour cela l'ONU forge des partenariats avec les organisations régionales et en particulier avec l'Union africaine et l'Union européenne.

« Je suis déterminé à faire de l'ONU un instrument encore plus efficace. Jamais auparavant, dans l'histoire de l'ONU, l'ONU et l'approche multilatérale ont été aussi importantes », a souligné M. Ban.