Brésil : l'ONU se réjouit des poursuites contre les crimes de la dictature militaire

Rupert Colville, porte-parole de la Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme.
Rupert Colville, porte-parole de la Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme.

Brésil : l'ONU se réjouit des poursuites contre les crimes de la dictature militaire

Le Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) s'est félicité vendredi de l'annonce par des procureurs brésiliens qu'un colonel de l'armée à la retraite sera poursuivi en justice pour la disparition forcée de cinq individus pendant la période de dictature militaire de 1964 à 1985.

« C'est la première fois que des violations des droits de l'homme commises au Brésil pendant cette période font l'objet de poursuites judiciaires puisque deux tentatives précédentes avaient été bloquées par des interprétations de la loi d'amnistie de 1979 », a déclaré le porte-parole du HCDH Rupert Colville lors d'un point presse à Genève.

« Nous nous réjouissons des poursuites engagées contre le colonel à la retraite Sebastiao Curio Rodrigues de Moura. Il s'agit d'une avancée cruciale dans la lutte contre l'impunité qui a marqué la période de dictature militaire au Brésil », a-t-il ajouté.

M. Curio a été accusé d'enlèvement aggravé en relation avec la disparition de cinq membres du mouvement de guérilla Araguaia qui avaient été arrêtés en 1974. L'accusation retenue contre M. Curio doit maintenant être approuvée par un juge avant que l'affaire ne devienne un procès.

En 2010, la Cour interaméricaine des droits de l'homme a jugé que la loi d'amnistie brésilienne est nulle et non avenue et que les enquêtes et poursuites pénales doivent se poursuivre.

« C'est une nouvelle que nous attendons depuis longtemps et un pas vers la justice pour les centaines de personnes qui ont disparu pendant la dictature qui a duré 21 ans et dont les responsables n'ont jamais répondu de leurs actes. », a indiqué M. Colville.

« Nous avons bon espoir que la justice brésilienne fasse en sorte que le droit fondamental des victimes à la vérité et à la réparation soit respecté grâce à la poursuite de ces cas », a-t-il conclu.