Mexique : des experts appellent à lutter davantage contre les disparitions forcées

15 mars 2012
Jeremy J. Sarkin, expert du Groupe de travail de l'ONU sur les disparitions forcées ou involontaires.

Le Groupe de travail des Nations Unies sur les disparitions forcées ou involontaires a dénoncé jeudi la poursuite de la pratique des disparitions forcées au Mexique et a appelé les autorités à faire davantage contre ce fléau.

Lors d'une conférence de presse organisée à Mexico pour présenter son rapport sur les disparitions forcées au Mexique, le groupe d'experts indépendants a noté qu'« il existe une tradition d'impunité qui se manifeste par l'absence d'enquêtes efficaces dans les cas de disparitions forcées », même s'il a reconnu les efforts des autorités mexicaines pour améliorer le respect des droits de l'homme dont la lutte contre ces disparitions.

« L'Etat doit reconnaître l'ampleur du problème comme première étape vers l'adoption de mesures efficaces et complètes pour l'éradiquer. Le problème ne peut pas être traité tant que les droits de l'homme sont occultés. Les cas de disparitions forcées ne peuvent pas être attribués exclusivement à la criminalité organisée sans enquêtes criminelles approfondies », ont dit les experts, dont Olivier de Frouville, Jeremy Sarkin, Ariel Dulitzky, Jasminka Dzumhur et Osman El-Hajjé.

Le rapport examine l'ampleur du problème, le cadre légal et institutionnel et l'accès à la justice, à l'établissement des faits et aux réparations pour les victimes. Il établit aussi que certains groupes tels que les migrants, les femmes, les défenseurs des droits de l'homme et les journalistes sont particulièrement vulnérables face à la menace de disparitions forcées.

« Le Mexique fait face à une situation sécuritaire compliquée à cause de la recrudescence de la violence. Les préoccupations concernant la sécurité publique et le crime organisé sont réelles et le gouvernement a l'obligation de combattre la criminalité », ont rappelé les experts.

Cependant, ils ont souligné que « le problème ne peut pas être combattu au détriment des droits de l'homme », et ils ont indiqué que « les opérations militaires dans le contexte de sécurité publique doivent être strictement limitées et sous supervision d'autorités civiles ».

Le groupe d'experts a indiqué que le problème des disparitions forcées est compliqué puisque « les victimes ne font pas confiance à la justice, au ministère public, à la police et aux forces armées, particulièrement à cause de l'impunité dans les cas de disparitions forcées et des efforts insuffisants pour retrouver les individus disparus, punir ceux qui sont responsables et octroyer des réparations aux victimes ».

Le groupe d'experts a donc formulé 33 recommandations allant de la prévention aux réparations aux victimes, en passant par les enquêtes, les sanctions et la protection des groupes particulièrement vulnérables.

 

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