Iran : un expert de l'ONU inquiet des violations des droits de l'homme

13 mars 2012

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme en Iran, Ahmed Shaheed, a réitéré lundi sa préoccupation concernant les violations des droits de l'homme dans ce pays, dont la suppression des libertés civiles, les arrestations et détentions arbitraires, le manque de procédures pénales régulières, et une nette augmentation du nombre de personnes condamnées à mort et exécutées.

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme en Iran, Ahmed Shaheed a réitéré lundi sa préoccupation concernant les violations des droits de l'homme dans ce pays, dont la suppression des libertés civiles, les arrestations et détentions arbitraires, le manque de procédures pénales régulières, et une nette augmentation du nombre de personnes condamnées à mort et exécutées.

M. Shaheed a indiqué au Conseil des droits de l'homme à Genève que les autorités iraniennes ont jusqu'à présent refusé d'autoriser sa visite dans le pays, et ils ont ignoré les exhortations du Conseil et de l'Assemblée générale à coopérer.

« Cette absence de volonté à coopérer de façon substantielle exacerbe nos inquiétudes concernant la situation des droits de l'homme », a déclaré M. Shaheed, qui en l'absence de possibilité de se rendre en Iran, a dû se fier à des sources crédibles à l'intérieur du pays pour suivre la situation en Iran, dont des organisations non-gouvernementales et des défenseurs des droits de l'homme.

Plusieurs témoignages recueillis par M. Shaheed font état d'arrestations de personnes qui exerçaient des activités protégées par le droit international. Ces personnes ont été placées à l'isolement sans actes d'accusation formelle, sans accès à une défense légale, ou à un contact avec leurs proches.

« Plusieurs personnes ont déclaré qu'elles ont été soumises à des conditions carcérales bien en-dessous des standards minimaux définis par l'ONU, tels que la surpopulation, un accès à l'eau insuffisant, des mauvaises conditions d'hygiène, un accès insuffisant aux soins médicaux et un régime alimentaire inadéquat », a indiqué M. Shaheed.

Le Rapporteur spécial a également fait part de sa préoccupation concernant le nombre d'exécutions en Iran qui est passé de 200 en septembre dernier à plus de 600 à la fin de l'année 2011. Une majorité des condamnations à morts ont été prononcées pour des crimes liés aux stupéfiants, et qui ne sont pas considérés comme assez graves pour imposer la peine capitale selon les standards internationaux.

Les condamnations à mort sans mesures de sauvegarde judiciaires soulignent la nécessité que les autorités permettent aux personnes accusées d'avoir accès à une représentation légale pour toutes les étapes de la procédure légale, de l'enquête au procès.

M. Shaheed a expliqué que ceux qui tentent de défendre les personnes accusées sont souvent confrontés à des mesures punitives, en citant le cas du lauréat du prix de Nuremberg pour les défenseurs des droits de l'homme Abdolfattah Soltani, qui a été arrêté pour « propagande contre le régime, en tant que co-fondateur du Centre de défense des droits de l'homme, et pour avoir accepté un prix illégal ». M. Soltani a été condamné à 18 ans d'emprisonnement et privé d'exercer le droit pendant 20 ans.

 

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