Le Conseil de sécurité inquiet des violences entre le Soudan et le Soudan du Sud

6 mars 2012

Le Conseil de sécurité s'est déclaré profondément préoccupé mardi par les violences transfrontières répétées entre le Soudan et le Soudan du Sud, estimant que cette situation constituait une grave menace pour la paix et la sécurité internationales.

Dans une déclaration de la Présidence du Conseil, les membres du Conseil de sécurité « exigent de toutes les parties qu'elles cessent les opérations militaires dans les zones frontalières et mettent fin au cycle de violence ».

Le Conseil exige en outre que les gouvernements des deux pays « s'abstiennent de prendre toute mesure susceptible de nuire à la sécurité et à la stabilité de l'autre pays » et condamne toute action prise par des groupes armés en vue de renverser par la force ces gouvernements.

Par ailleurs, le Conseil de sécurité demande aux gouvernements soudanais et sud-soudanais de parvenir à un accord sur le statut des zones contestées le long de la frontière entre les deux pays, et « d'arrêter puis mettre en œuvre sans délai un mécanisme et un calendrier pour la délimitation de la frontière sous l'égide du Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l'Union africaine en tant que facilitateur ».

Le Conseil estime que la mise au point des arrangements pétroliers et financiers entre les gouvernements soudanais et sud-soudanais représente un élément essentiel de la sécurité, de la stabilité et de la prospérité des deux pays en tant qu'États viables. Il affirme que toute mesure unilatérale liée au secteur pétrolier nuit à la sécurité, à la stabilité et à la prospérité des deux États.

Le représentant du Soudan auprès des Nations Unies a assuré que son pays avait la « ferme intention d'aboutir à une solution négociée de toutes les questions en suspens entre les deux Gouvernements ».

Le représentant du Soudan du Sud a, pour sa part, affirmé que son pays s'était engagé à faire en sorte que deux États viables puissent « vivre côte à côte en paix ». « Nous suivons une politique de non-ingérence dans les affaires d'un autre État souverain », a-t-il déclaré, en précisant que le Soudan du Sud avait été « injustement accusé d'avoir à plusieurs reprises appuyé des mouvements d'opposition au Soudan ».

Pour sa part, le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a indiqué mardi qu'un renouveau des combats dans les zones frontalières contestées entre le Soudan et le Soudan du Sud générait un déplacement croissant de population en quête de sécurité vers l'Etat du Haut Nil au Soudan du Sud et vers l'ouest de l'Ethiopie.

« La semaine dernière, le personnel du HCR a enregistré 2.287 nouveaux arrivants dans les sites de réfugiés de Doro et de Jammam dans le Haut Nil, portant ainsi à plus de 80.000 le nombre total des réfugiés enregistrés dans cette région. Les réfugiés traversent la frontière vers le Soudan du Sud depuis l'Etat du Nil Bleu au Soudan, en proie à des troubles. Ils expliquent avoir fui à cause des bombardements et de la crainte de nouvelles violences », a dit une porte-parole du HCR, Fatoumata Lejeune-Kaba, lors d'une conférence de presse à Genève.

Dans l'ouest de l'Ethiopie, le personnel du HCR voit également un flux régulier de nouveaux arrivants, principalement depuis l'Etat du Nil Bleu. « Nous nous apprêtons à ouvrir un troisième camp pour héberger les Soudanais arrivant en nombre croissant en Ethiopie. Le nouveau camp est situé à Bambasi et aura une capacité d'hébergement de plus de 20.000 réfugiés quand il sera prêt à la fin du mois », a dit la porte-parole du HCR.

Depuis juin 2011, de lourds combats entre les forces armées soudanaises et les rebelles de la branche Nord du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM-N) dans les Etats du Sud-Kordofan et du Nil Bleu ont poussé des dizaines de milliers de réfugiés soudanais à rejoindre l'Ethiopie et le Soudan du Sud. « Nous attendons encore davantage d'arrivants dans ces deux pays car des réfugiés ont rapporté que de nombreux autres groupes étaient actuellement sur la route dans l'Etat du Nil Bleu », a dit Mme Lejeune-Kaba.

Parallèlement, la situation sécuritaire reste précaire dans d'autres zones frontalières contestées entre l'Etat d'Unity, au Soudan du Sud, et le Kordofan méridional, au Soudan. Des bombardements seraient survenus le 29 février le long de la frontière occidentale du comté de Pariang et le 26 février dans la région du Lac Jau. Le HCR se dit vivement préoccupé par la sécurité des civils dans l'installation de réfugiés de Yida située à proximité et où sont hébergés 16 022 Soudanais.

En novembre 2011, des bombes sont tombées sur Yida, une ville située dans l'Etat d'Unity. Dans l'Etat du Haut Nil, plus à l'est, des bombes ont également été lâchées sur un centre de transit de réfugiés à Elfoj, où étaient alors hébergés 4000 personnes. Le HCR continue à transférer des réfugiés depuis la zone frontalière instable vers des sites de réfugiés établis à des distances plus éloignées des combats. Les sites montés par le HCR permettent de fournir de la nourriture, de l'eau potable, des soins de santé et des abris ainsi que des services essentiels dans les domaines de l'éducation et de la production agricole.

Le Soudan du Sud héberge désormais plus de 100.000 réfugiés soudanais enregistrés originaires du Kordofan méridional et du Nil Bleu. Plus de 30.000 réfugiés, principalement originaires de la région du Nil Bleu, ont été enregistrés dans l'ouest de l'Ethiopie.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.