Syrie : l'ONU appelle les autorités à la retenue après la prise de Homs

Le vote au Conseil des droits de l'homme condamnant les violations des droits de l'homme en Syrie. Photo ONU/Marc Ferré
Le vote au Conseil des droits de l'homme condamnant les violations des droits de l'homme en Syrie. Photo ONU/Marc Ferré

Syrie : l'ONU appelle les autorités à la retenue après la prise de Homs

Le Secrétaire général Ban Ki-moon a rendu compte vendredi de la situation en Syrie à l'Assemblée générale. Il a rappelé que les pertes civiles ont été très lourdes, notamment dans la ville de Homs.

Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a rendu compte vendredi de la situation en Syrie à l'Assemblée générale. Il a rappelé que les pertes civiles ont été très lourdes, notamment dans la ville de Homs qui a été le théâtre de combats acharnés ces derniers jours.

« A Homs, à Hama et ailleurs, les civils ont été bloqués dans leurs maisons, sans nourriture, sans chauffage, électricité ou soins médicaux, sans possibilités d'évacuation des blessés ou d'enterrer les morts. Les gens ont été obligés de faire fondre de la neige pour trouver de l'eau à boire », a expliqué M. Ban.

Le Secrétaire général a réitéré que la communauté internationale devait tout faire pour mettre fin à la crise, pour qu'un processus mené par les Syriens puisse entamer une transition vers un système politique démocratique et pluraliste.

« Jusqu'à présent la communauté international a manqué à son devoir. Les actions, ou plutôt l'inaction, de la communauté internationale semblent avoir encouragé les autorités syriennes à accroître la répression brutale contre ses citoyens. Une militarisation de l'opposition syrienne n'est pas la réponse », a mis en garde M. Ban

« La communauté internationale doit de toute urgence parler d'une seule voix pour faire pression sur les autorités syriennes et sur l'ensemble des parties prenantes afin de mettre fin à la violence. J'insiste bien sur la nécessité de parler d'une seule voix », a-t-il ajouté.

Plus tôt dans la journée à Genève, le Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) s'est dit inquiet de la situation dans le quartier de Baba Amro, à Homs, en Syrie, suite à sa prise de contrôle par les forces du gouvernement jeudi.

« Même si nous ne sommes pas pour l'instant en mesure de confirmer les informations qui viennent du quartier de Baba Amro, nous souhaitons rappeler les autorités syriennes de leurs responsabilités selon le droit international », a déclaré le porte-parole du HCDH Rupert Colville.

« Il est essentiel qu'il n'y ait pas de représailles, d'exécutions sommaires, de torture ou de détentions arbitraires. Les droits de ceux qui sont détenus doivent être respectés. Il y a déjà eu assez de crimes commis en Syrie depuis un an », a rappelé M. Colville.

Les membres du Conseil de sécurité ont par ailleurs exprimé jeudi leur vive déception au sujet du refus du gouvernement syrien d'autoriser la Secrétaire générale adjointe pour les affaires humanitaires et Coordonnatrice des secours d'urgence, Valerie Amos, à se rendre dans le pays en temps opportun, malgré des demandes répétées et des contacts diplomatiques intenses pour obtenir l'approbation de la Syrie.

Dans une déclaration à la presse de la Présidence du Conseil, le Conseil de sécurité demande instamment aux autorités syriennes d'accorder à Mme Amos un accès immédiat et sans restriction à ce pays.

Les membres du Conseil de sécurité ont également déploré « la détérioration rapide de la situation humanitaire, notamment le nombre croissant de civils affectés, la précarité de l'accès à des services médicaux appropriés et les pénuries de vivres, notamment dans les zones touchées par les combats et la violence telles que Homs, Hama, Deraa et Idlib ».

Les membres du Conseil de sécurité ont exhorté les autorités syriennes à autoriser le personnel humanitaire à accéder immédiatement, sans restriction et sans entrave à toutes les populations ayant besoin d'une assistance, conformément au droit international et aux principes régissant l'assistance humanitaire. Ils engagent toutes les parties présentes en Syrie, en particulier les autorités syriennes, à coopérer pleinement avec les Nations Unies et les organisations humanitaires compétentes pour faciliter la fourniture d'une assistance humanitaire et permettre l'évacuation des blessés des zones affectées.