Darfour : des Casques bleus retenus pendant deux jours par des rebelles

Des casques bleus de la MINUAD en patrouille dans l'Ouest-Darfour.
Des casques bleus de la MINUAD en patrouille dans l'Ouest-Darfour.

Darfour : des Casques bleus retenus pendant deux jours par des rebelles

Cinquante-cinq Casques bleus retenus pendant deux jours par des rebelles armés lors d'une patrouille au Darfour (Soudan) ont finalement pu revenir à leur base à Umm Baru après d'intenses négociations.

Cinquante-cinq Casques bleus retenus pendant deux jours par des rebelles armés lors d'une patrouille au Darfour (Soudan) ont finalement pu revenir à leur base à Umm Baru après d'intenses négociations, a annoncé l'Opération de l'Union africaine et des Nations Unies au Darfour (MINUAD).

Le Représentant spécial conjoint de l'Union africaine (UA) et des Nations Unies pour le Darfour, Ibrahim Gambari, a félicité le Commandant des Casques bleus, le général Patrick Nyamvumba, ainsi que d'autres personnes impliquées dans les négociations pour leurs efforts qui ont abouti à la résolution de l'incident.

« Nos officiers et leurs soldats ont fait preuve de détermination, de courage et de compassion face à un important contingent de rebelles armés du Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE) qui retenait trois membres du personnel de la MINUAD », a déclaré M. Gambari.

« Nos soldats n'ont pas reculé. Ils ont appelé des renforts et ils ont refusé de quitter les lieux sans l'ensemble des hommes de la patrouille, y compris un policier yéménite et deux traducteurs soudanais. Cet après-midi, tout le monde est rentré sans conditions et sans avoir été blessé », s'est félicité M. Gambari.

Les Casques bleus ont été bloqués dimanche 19 février par plus de 100 hommes armés dans le village de Shegeg Tova, alors qu'ils effectuaient une patrouille à quelques 60 kilomètres de leur base d'Umm Baru. La patrouille de la MINUAD était composée de 50 soldats sénégalais, trois conseillers de police et deux traducteurs.

M. Gambari a condamné cet incident en rappelant que « tout acte hostile contre un Casque bleu, y compris contre des membres du personnel recrutés localement, constitue une violation du droit humanitaire international et pourrait constituer un crime de guerre ».

Le face-à-face a été dénoué avec l'arrivée d'importants renforts de Casques bleus, ainsi que des prises de contact répétées entre les représentants de la MINUAD et la direction du MJE.

« Nos Casques bleus sillonnent le Darfour quotidiennement afin d'assurer la sécurité des civils qui souffrent des effets du conflit. Nous devons remplir notre mandat dans l'ensemble du Darfour. En même temps nous soutenons le processus de paix inclusif, dont la mise en œuvre du Document de Doha pour la paix au Darfour. Cette action déplorable du MJE va à l'encontre de l'esprit de ce processus, qui est soutenu par la population du Darfour », a rappelé M. Gambari.

Le Représentant spécial a noté et apprécié les propositions d'aide du gouvernement soudanais pour dénouer la situation et libérer les Casques bleus. « Nous avons fait usage de nos propres moyens et capacités pour trouver une solution à la situation. Nous y sommes parvenus sans violence, mais avec la posture robuste et tranquille qui est attendue des Casques bleus de la MINUAD, que je salue », a-t-il conclu.