Syrie: Navi Pillay réclame des mesures pour stopper l'escalade de la violence

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Syrie: Navi Pillay réclame des mesures pour stopper l'escalade de la violence

La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), Navi Pillay, a déploré mercredi les attaques incessantes sur la ville syrienne de Homs par les forces de sécurité du gouvernement.

La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), Navi Pillay, a déploré mercredi les attaques incessantes sur la ville syrienne de Homs et a souligné « l'extrême urgence pour la communauté internationale de dépasser les considérations politiques et de prendre des mesures efficaces pour protéger la population syrienne ».

« Je suis consternée par l'attaque délibérée menée par le gouvernement syrien sur Homs ainsi que par l'utilisation de l'artillerie et d'autres armes lourdes. L'échec du Conseil de sécurité à trouver un accord sur une action conjointe forte semble avoir aggravé l'empressement du gouvernement syrien à massacrer sans trêve sa propre population afin d'écraser la contestation », a-t-elle poursuivi.

Selon des sources locales et des informations de médias indépendants provenant de la ville de Homs, l'armée syrienne a brusquement augmenté son utilisation de chars, d'hélicoptères, de mortiers, de roquettes et de tirs d'artillerie pour attaquer des zones civiles.

Les informations obtenues indiquent que les hôpitaux, qui avaient déjà des difficultés à faire face à tous les blessés des dernières semaines, sont maintenant débordés ou inaccessibles, et que les habitants ont installé des cliniques improvisées à travers la ville assiégée, avec très peu ou pas du tout de matériel médical.

Les obus auraient touché un de ces hôpitaux improvisés dans le quartier de Bab Amr ce lundi, augmentant le nombre de victimes.

« En plus de ces violations massives et continuelles des droits de l'homme, je crains que la situation humanitaire ne se soit détériorée de manière significative dans plusieurs régions du pays au cours de ces derniers mois, et particulièrement à Homs où des quartiers ont été largement coupés du reste de la ville ou encerclés pendant de longues périodes », a dit Navi Pillay.

« Au cours des onze derniers mois, depuis le début de la répression brutale de manifestations essentiellement pacifiques par le gouvernement syrien, des milliers de manifestants et de civils ont été tués, blessés, emprisonnés, torturés et victimes de disparitions forcées », a dit la Haut commissaire.

« Tout indique que l'armée syrienne et les forces de sécurité sont impliquées dans la plupart des crimes perpétrés. Considérant leur nature et leur envergure, ils constitueraient des crimes contre l'humanité, pouvant être punis par le droit international », a-t-elle ajouté en rappelant que les crimes contre l'humanité n'ont pas de délai de prescription.