Sénégal : l'ONU appelle au calme à l'approche du scrutin présidentiel

2 février 2012

La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), Navi Pillay, a exhorté les autorités sénégalaises à éviter l'usage excessif de la force suite à des troubles à Dakar et dans d'autres villes du pays.

La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), Navi Pillay, a exhorté jeudi les autorités sénégalaises à éviter l'usage excessif de la force suite à des troubles à Dakar, la capitale, et dans d'autres villes du pays.

Elle a averti que la solide tradition de ce pays en matière d'élections pacifiques et démocratiques pourrait être menacée si les autorités ne réagissaient pas de manière appropriée aux manifestations en cours.

Au moins quatre personnes, dont un policier, auraient été tuées cette semaine au cours des manifestations qui ont suivi la publication de la liste des candidats à l'élection présidentielle, approuvée par le Conseil constitutionnel. Selon les informations du HCDH, la police aurait tiré sur des manifestants qui brûlaient des pneus et lançaient des pierres. Des violences ont aussi été rapportées dans les villes de Podor, Thies et Kaolack.

« Les rapports faisant état d'un usage excessif de la force par la police en réponse à la violence de certains manifestants, sont vraiment préoccupants étant donné la tradition du Sénégal concernant le respect des libertés d'association, de rassemblement et d'expression » a dit Mme Pillay.

« En plus d'exhorter à la modération de la part des autorités, j'appelle tous les candidats à l'élection présidentielle à renoncer et à décourager toute nouvelle tentative de violence ou d'incitation à la violence », a-t-elle ajouté.

Mme Pillay a souligné que les représentants de la loi devaient absolument respecter les normes établies par le droit international en matière de maintien de l'ordre public, et notamment les directives détaillées qui régissent l'utilisation des balles réelles. Elle a appelé à une investigation minutieuse, impartiale et transparente des meurtres ayant eu lieu ces derniers jours et de l'usage présumé d'une force disproportionnée par les policiers.

« Toute personne ayant commis des actes violents ou excessifs doit être tenue pour responsable, que ce soit un manifestant ou un policier. Avec la campagne présidentielle qui commence ce week-end, je ne peux que souligner l'importance du respect des droits de l'homme fondamentaux et de la liberté d'association, de rassemblement et d'expression. Ces droits sont particulièrement importants en période d'élection », a rappelé la Haut commissaire.

 

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